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MessagePosté: 08 Déc 2016, 20:01 
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http://www.agefi.fr/financements-marches/actualites/quotidien/20161125/maxime-kahn-va-creer-hedge-fund-204923

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Si vous n'arrivez pas à savoir qui est le pigeon , c'est qu'il y a de bonnes chances que ce soit vous.


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MessagePosté: 08 Déc 2016, 20:03 
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Maxime Kahn : Pour moi, tout commence le dimanche soir du 20 janvier 2008, quand Pierre-Yves Morlat (responsable de la division arbitrage à la Société Générale) m'appelle pour me demander de venir le lendemain à 8 h, pour passer une opération client importante, confidentielle de par sa taille. C'est la première fois qu'on me sollicite un dimanche soir. On m'explique qu'on doit vendre des futures (contrats à terme) pour une taille indéterminée, qu'on ne me donne pas. On réfléchit à quelle proportion on va mettre sur le marché, soit 15% du volume du marché au maximum sur les indices Footsie, Dax et Euro Stoxx. Luc François me demande de l'informer régulièrement de la volumétrie exécutée. Pour assurer la confidentialité de l'opération, on m'installe dans une petite salle de trading isolée. Le temps qu'elle soit installée, je commence depuis mon desk, durant une heure ou deux. Le marché était très volatil. Par prudence, pour ne pas déstabiliser le marché, Luc François, responsable de la salle des marchés, me demande de recalibrer le volume à moins de 10%. A partir de 10h, je descends dans la petite salle isolée, au 7e étage, et je continue l'opération, toujours avec le compte SF615. Je communique régulièrement par SMS la volumétrie exécutée à Luc François, qui me demande parfois de ralentir. De temps en temps, Martial Rouyère (N+2 de Jérôme Kerviel) et Pierre-Yves Morlat viennent me voir pour s'assurer que tout se passe bien. Luc François me demande de le retrouver dans cette même salle le mardi matin. On repart dans la même configuration. J'apprendrai la nature de mes opérations le jeudi matin, en même temps que tout le monde. Le mercredi, Luc François me dit que le (soi-disant) client voudrait voir les opérations terminées le soir même.

Mireille Filippini, présidente de la Cour d'appel : Quel est votre sentiment pendant ces trois jours ?
MK : A voir la tête de Luc François, Pierre-Yves Morlat et Martial Rouyère, j'imagine que le client en question est peut-être la Société Générale. On savait que la Société Générale avait des expositions significatives à l'immobilier américain et les opérations qu'on me demandait de faire étaient peut-être des opérations de couverture.
MF : Le jeudi matin, après la diffusion du communiqué de la Société Générale, que pensez-vous ?
MK : J'ai été extrêmement surpris, le mot est faible.
MF : Vous aviez débouclé 50 milliards d'euros ?
MK : Oui.
MF : Après, vous en avez parlé avec les gens qui vous ont demandé de faire cette opération ?
MK : Oui, avec mon chef, Pierre-Yves Morlat.

L'Avocat général : Pourquoi fallait-il déboucler cette position aussi vite ?
MK : Il fallait déboucler cette position aussi vite que possible car la Société Général n'avait pas les fonds propres pour supporter 50 milliards d'euros d'engagements. Elle n'aurait plus été solvable, elle aurait affiché un ratio de solvabilité inférieur à celui exigé par la réglementation, les autres banques n'auraient plus voulu lui prêter de l'argent.
Quel est le rôle de la confidentialité du débouclage?
MK : Il ne fallait pas que le marché sache que la banque débouclait une position surnaturelle. Si le marché savait su, il aurait baissé encore plus et la défiance potentielle des prêteurs de la Société Général aurait pu se matérialiser.
Comme la Société générale avait la main sur le marché, comme au poker, avait-elle alerté des filiales à l'étranger pour qu'elles rachètent certaines des positions que vous vendiez, afin de limiter la casse ?
MK : Non, on respecte la confidentialité de l'opération, il n'y a pas de délit d'initié. Et je ne vois pas l'intérêt de racheter un truc qu'on veut vendre.


Me Martineau, l'un des avocats de la Société Générale : vos opérations de cette époque sont-elle traçables ?
MK : Oui, le marché Eurex en a la trace. Elles sont traçables et tracées.
Me M : était-il dans le rôle des traders de prendre des positions directionnelles, je ne parle pas de celles de 30 milliards d'euros de Jérôme Kerviel ?
MK : dans mon équipe, personne n'a de mandat pour prendre des positions directionnelles discrétionnaires. Leur rôle est de faire des arbitrages entre des produits financiers.
Me M. : En janvier 2008, auriez-vous pris des positions acheteuses, comme l'a fait Kerviel ?
MK : Ce n'était pas mon métier.
Me M. : Les positions prises par Kerviel à l'époque étaient-elles rationnelles ?
MK : A part la taille surréelle de la position... On ne sait qu'a posteriori qu'on est avec ou contre le marché.
Me M. : Peut-on engager 1,5 fois les fonds propres de la banque ?
MK : Non, cela la mettait en situation d'insolvabilité.
Me M. : M. Kerviel soutient une théorie du complot, destinée à faire de lui un fusible pour masquer des pertes de la Société Générale liée à la crise des subprimes.
MK : Cela me paraît complètement délirant. A la Société Générale, parmi les gens que je connais, personne ne croit à cette théorie du complot.


Me Reinhart, avocat de la Société Générale : Pourquoi avez-vous été choisi pour mener ce débouclage ?
MK : D'abord pour ma séniorité. Ensuite, j'étais étranger à l'affaire. Enfin, en tant que manager, je pouvais plus facilement justifier une absence longue du desk.
Me R. : Pouvez-vous expliquer les motivations de M. Kerviel , qui dit que son objectif était de faire gagner de l'argent à la banque?
MK : Je me pose toujours la question. Et je me demande aussi : Pourquoi tant de mensonges en quatre ans ?
Me R. : Avez-vous vendu autre chose que les positions de M. Kerviel, durant ces quelques jours ?
MK : Non.
Me R. : Cette affaire Kerviel a-t-elle modifié votre métier ?
MK : Oui. On a mis en place une batterie de contrôles pour détecter les fraudes. Ceux de l'époque étaient de grande qualité mais ont été insuffisants. La qualité et l'ampleur des contrôles a été fortement revue à la hausse. Il y a un climat de défiance aujourd'hui plus important entre les services de contrôle et le front -office, au sein de la salle de marchés.
Me R. : Quel est votre sentiment sur les opérations fictives de Kerviel ? Donnez-vous comme instruction à vos salariés d'utiliser des fictifs ?
MK : Non.

Me Veil, avocat de la Société Générale : Vérifiez-vous les « reports » de vos salariés ?
MK : Dans mes contrôles, je ne vois pas d'éventuelles opérations fictives. Ce sont d'autres services de contrôle qui ont en charge de vérifier la véracité des opérations. Je vérifie la trésorerie, mais plutôt de façon agrégée que compte par compte.
Me V. : L'ambiance est-elle bonne dans une salle des marchés ? Peut-on lier des amitiés ?
MK : Oui, notamment car c'est un métier très sédentaire.
Me V. : Que pensez-vous des propos de Philippe Houbé (le témoin de la défense qui accrédite la thèse du complot contre Kerviel) dans la presse ?
MK : Cette personne qui voit les comptes sur le marché Eurex et en tire des conclusions ne voit qu'une partie des choses.

"La banque aurait été insolvable"

Me Koubbi, avocat de Jérôme Kerviel : Lorsqu'on vous demande de déboucler les positions de Jérôme Kerviel, vous pensez que c'est pour couvrir des pertes de la Société Générale liées aux subprimes ?
MK : C'était l'hypothèse la moins improbable.
Me K. : Avez-vous été déboucleur ou nettoyeur ?
MK : J'ai débouclé.
Me K. : Un résultat anormalement élevé déclenche un contrôle pour voir comment il est constitué ?
MK : C'est comme cela que je procède. Les autorités de contrôle externes n'auraient peut-être pas dû se contenter des réponses de M. Kerviel, mais on ne peut pas dire qu'il n'y ait pas eu de contrôle.
Me K. : Le débouclage se passe en combien de jours ?
MK : Trois jours, du lundi au mercredi, pour annoncer la fraude le jeudi.
Me K. : C'est impossible de garder une position de 50 milliards ?
MK : Compte tenu des capitaux propres de la Société Générale le 20 janvier 2008, oui, la banque aurait été insolvable.
Me K. : Est-ce Jérôme Kerviel qui a inventé le système des opérations fictives ?
MK : Il y en a certainement eu d'autres mais elles doivent se compter sur les doigts d'une main. Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi ingénieux que ce que Jérôme Kerviel a fait, en termes d'opérations et de timing.
Me K. : Vous n'avez jamais eu à déboucler d'autres opérations frauduleuses ?
MK : Si, en 1997. Il s'agissait d'un trader qui avait effectué des opérations fictives pour masquer des prises de positions directionnelles de quelques centaines de millions de francs à l'époque.

Mireille Filippini, présidente de la Cour : Que s'est-il passé ?
MK : J'ai découvert cela un vendredi soir. On a débouclé dès le lundi, ça a pris quelques dizaines de minutes car la taille des positions était petite par rapport à celles de M. Kerviel, et le trader a été licencié. La taille de ces positions était importante par rapport au mandat de ce trader mais ne mettai pas en risque la Société Générale.
Me K. : La différence entre ce trader et Jérôme Kerviel, c'est quoi ? La très très grosse taille des positions prises par Jérôme Kerviel ?
MK : Avant de répondre, je vais apporter quelques directions. Si la base des contrôles de 2008 était à 100, celle de 1997 était à 30.
Me K. : Avec des contrôles de 30 seulement, vous êtes arrivé à déjouer une fraude, alors que le niveau 100 des contrôles de 2008 n'a pas décelé les positions de Jérôme Kerviel ?
MK : L'ingéniosité dans la mise en place d'opérations fictives par M. Kerviel a été bien supérieure.
Me K. : Auriez-vous (la Société Générale) eu intérêt à passer par une société à l'étranger lors du débouclage pour faire de l'argent ?
MK : Le non-délit d'initié est la base de notre métier. De plus, ce n'était pas dans notre intérêt que le marché sache qu'on avait une position très importante à déboucler.
Me K. : Vous n'avez rien vendu d'autre que les positions de M. Kerviel, durant les trois jours du débouclage ?
MK : Non.
Me K : Vous n'avez pas, même sans le savoir, encore plus dégradé les opérations de Jérôme Kerviel en faisant le débouclage ?
MK : Non.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120613trib000703735/proces-kerviel-etiez-vous-deboucleur-ou-nettoyeur.html

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