Société Générale (GLE.FR) a annoncé jeudi une chute de 20,1% de son résultat net au premier trimestre 2011, à 732 millions d'euros, alors que le groupe poursuit la restructuration de sa banque de financement et d'investissement. En dépit de comptes qui restent marqués par la crise de la dette, le groupe bancaire a indiqué que le trimestre s'était déroulé dans un contexte "d'accalmie sur les marchés financiers faisant suite à la mise en place des opérations de refinancement à long terme de la Banque centrale européenne (LTRO) et à la finalisation du plan de soutien à la Grèce".
Le produit net bancaire s'est inscrit à 6,31 milliards d'euros, en repli de 4,7% par rapport à la période correspondante de 2011, alors que l'établissement a fait part d'une reprise des activités de banque de financement et d'investissement.
Selon un consensus réalisé par FactSet, les analystes financiers tablaient en moyenne sur un résultat net de 587 millions d'euros au premier trimestre et sur un produit net bancaire de 6,2 milliards d'euros.
Au premier trimestre de 2012, le résultat net de la banque de financement et d'investissement a chuté de 41%, à 351 millions d'euros, par rapport aux trois premiers mois de 2011. Mais la division, qui a annoncé la suppression de 1.580 postes à travers le monde, avait accusé une perte de 482 millions d'euros au quatrième trimestre de 2011.
Le bilan financé de Société Générale - après compensation de l'assurance, des dérivés, des opérations de pensions et des comptes de régularisation - s'élevait à 651 milliards d'euros au 31 mars 2012, en hausse de 15 milliards d'euros par rapport à la fin 2011.
"Les fonds propres, les dépôts clientèle et les ressources à moyen et long terme constituent près de 82% de ceTotal, à 531 milliards d'euros, contre 81% à fin 2011 et couvrent 109% des emplois longs du groupe", en retrait de 1% à 489 milliards d'euros, sur la période, a précisé la banque.
Le résultat d'exploitation s'est rétracté de 21,2% au premier trimestre, à 1,07 milliard d'euros. "Nous maintenons la priorité donnée à la gestion rigoureuse de nos risques, à la maîtrise de nos frais de gestion, à la réduction de nos besoins de liquidité et au renforcement de notre capital", a commenté Frédéric Oudéa, le PDG de l'établissement, cité dans le communiqué.
Les résultats annoncés par la banque sont en ligne avec ceux de concurrents comme Goldman Sachs (GS), Morgan Stanley (MS) et Barclays PLC (BCS), dont les revenus de banque d'investissement ont été soutenus au premier trimestre par l'amélioration du moral des investisseurs après les opérations de refinancement à long terme (LTRO) de la Banque centrale européenne.
Les analystes préviennent toutefois que la tendance du marché a changé au mois d'avril et que les résultats pourraient ne pas être aussi solides lors des prochaines trimestres. Les effets positifs des opérations LTRO et de la finalisation du programme d'échange des titres de dette grecque se sont estompés, certains pays européens sont retombés en récession et les inquiétudes liées aux dettes souveraines ont ressurgi.
Un net repli du marché a été constaté en avril, a indiqué Jean-François Robin, stratégiste chez Natixis. "Les conditions de marché ont clairement changé", a-t-il souligné.
A l'instar de ses principales rivales françaises, Société Générale s'est vu dans l'obligation de lancer un vaste plan de restructuration l'an dernier pour faire face aux conséquences de la crise des dettes souveraines, de supprimer des milliers d'emplois à travers le monde, de se retirer de certains pays et de cesser certaines activités.
Ces mesures visent également à permettre au groupe de se conformer aux nouveaux objectifs de fonds propres imposés aux banques européennes pour mieux résister à de futures crises.
Société Générale a indiqué que son ratio de fonds propres minimal Core Tier 1 Bâle 2.5 avait progressé de 35 points de base sur le trimestre, pour atteindre 9,4% au 31 mars 2012. L'Autorité bancaire européenne (EBA) a demandé aux principaux établissements bancaires européens de porter leur ratio de fonds propres durs "Core Tier 1" à 9% d'ici à juin 2012.
"La performance de ce trimestre confirme la capacité du groupe à atteindre un ratio de capital compris entre 9 et 9,5% selon les règles Bâle 3 à horizon fin 2013, sans augmentation de capital, en dépit d'un environnement qui reste incertain", a prévenu le groupe.
Société Générale, Bnp Paribas (BNP.FR) et Crédit Agricole (ACA.FR) ont choisi de se diriger vers ces objectifs en réduisant leurs bilans plutôt qu'en levant des capitaux frais sur le marché.
La banque a lancé en septembre un plan de réduction des coûts qui doit lui permettre de libérer 4 milliards d'euros d'ici à 2013, et a entrepris de réduire ses activités financées en dollar lorsque les investisseurs du marché monétaire américains ont diminué leur exposition aux banques européennes.
Au premier trimestre, Société Générale a cédé 6,4 milliards d'euros d'actifs, générant une perte de 226 millions d'euros.
Frédéric Oudéa a par ailleurs indiqué, lors d'une conférénce téléphonique, que le groupe avait porté plainte le 30 avril contre Jérôme Kerviel pour dénonciation calomnieuse.
BNP Paribas publiera ses résultats vendredi tandis que Crédit Agricole publiera les siens le 11 mai.
Source : advfn.com


