Les chiffres qui piquent
- OAT 10 ans autour de 4,5 %, un niveau inédit depuis 2008
- Spread OAT-Bund à environ 95 pb le 14 septembre, plus haut depuis la crise des dettes souveraines de 2012
- OAT 30 ans au-dessus de 5 %, du jamais vu depuis 2003
- Fin août, le 10 ans français est même passé au-dessus du 10 ans italien, un symbole fort
En 2012, le spread était bien plus large, mais le Bund évoluait autour de 0 %. Payer 80 ou 100 pb de plus restait supportable. Aujourd'hui, le Bund est lui-même autour de 3,5 %, et c'est le niveau absolu des taux qui fait mal : toute la dette émise à 0, 1 ou 2 % ces dernières années va devoir être refinancée beaucoup plus cher.
Et contrairement à 2012, la pression ne vient pas d'une contagion extérieure. Elle vient de l'intérieur : dérive des déficits, croissance nulle au deuxième trimestre selon l'Insee, et incertitude politique persistante sur le budget.
Le calendrier à surveiller
- Le dépôt du projet de budget, attendu le 30 septembre
- Les adjudications d'OAT longues de septembre et octobre : taux de couverture et qualité de la demande seront scrutés
- La BCE, qui vient de remonter ses taux et ne ferme pas la porte à la suite (prochaine réunion le 29 octobre)
- Un spread qui s'installe durablement autour de 100 pb, est-ce une crise ou simplement la « nouvelle normale » pour la France ?
- Quel impact voyez-vous sur les banques françaises du CAC, et sur le CAC 40 face au DAX ?
- Certains d'entre vous achètent-ils de l'OAT à ces rendements, en direct ou via des fonds obligataires ?
- Et pour vos crédits immobiliers ou projets perso, vous le ressentez déjà ?

