Page 1 sur 1

Coinhouse (ex la Maison du Bitcoin)

Publié : 12 févr. 2019, 18:28
par Fabien Labrousse
Paris Blockchain Summit by SwissBorg @42 - CoinHouse : "Crypto narrative is shaping its adoption"

This conference "How the crypto narrative is shaping its adoption" was animated by Lucas Klocana and Brian O'Hagan from Coinhouse (https://www.coinhouse.com/) at the event Paris Blockchain Summit by SwissBorg (https://swissborg.com/) organized the 7 of december 2018 at school 42 (https://www.42.fr/).


Presentation of Coinhouse (from the official website : https://www.coinhouse.com/company) :

"Founded in 2014 in Paris, Coinhouse (formerly La Maison du Bitcoin) is a pioneer in cryptoassets investments. Both an online platform and a brick-and-mortar location, we are the trusted partner for individuals and institutional investors looking to analyse, acquire, sell, and securely store cryptoassets. Coinhouse currently serves more than 100,000 users from across Europe."


Presentation of Paris Blockchain Summit by SwissBorg (from the event page : https://www.eventbrite.com/e/paris-bloc ... 958984749#) :

"International blockchain experts, investors, entrepreneurs and influencers will gather for a crucial and urgent summit in Paris on December 7th and 8th to discuss what has been happening in the blockchain space in 2018. We will collectively discover their visions and new projects for the future as well as dive into their analysis and predictions for 2019.

We are living in a period of major shifts in our society, economy, cryptocurrency space and our relationship towards new technology. There is an evolution of our perception of time and space and where we stand today.

The time has come to collectively dream a new more sustainable future for humanity and to make it happen."


On a récidivé : #Bitcoin et les cryptos investissent le quotidien des français!

Publié : 14 déc. 2021, 10:42
par Fabien Labrousse

Entretien avec Manuel Valente, directeur analyse et recherche chez Coinhouse

Publié : 14 déc. 2021, 16:30
par Fabien Labrousse
Bitcoin fr
18,8 k abonnés

https://bitcoin.fr/entretien-avec-manuel-valente/

Interview de Manuel Valente, directeur analyse et recherche chez Coinhouse, réalisée par le Journal du Coin le 5 novembre 2019 dans les locaux de Coinhouse avec les moyens techniques de bitcoin.fr.

https://youtu.be/6WDjnSk-uQs

Coinhouse, ex-Maison du Bitcoin : douze ans d'histoire du crypto français en une seule entreprise

Publié : 27 avr. 2025, 16:32
par NataEvgten
Bonjour à tous,

Je propose de retracer la trajectoire de Coinhouse, non pas comme une fiche produit, mais parce que cette entreprise est probablement le meilleur cas d'école pour comprendre ce qu'a été l'écosystème crypto français depuis dix ans : ses promesses, son pari réglementaire, sa crise, et la consolidation en cours. Peu de sociétés du secteur ont traversé autant de cycles en restant debout.

2014-2017 : le comptoir physique

L'aventure commence en 2014 sous le nom de La Maison du Bitcoin, fondée notamment par Éric Larchevêque et Thomas France. Le concept initial n'est pas une plateforme mais un lieu : un espace physique en plein cœur de Paris destiné à réunir la communauté française intéressée par la blockchain. On peut rapidement y acheter et vendre des crypto-actifs sur place, avant qu'une plateforme en ligne ne soit lancée en parallèle, limitée au départ au Bitcoin et à l'Ethereum.

Le détail qui a son importance : Éric Larchevêque est aussi cofondateur de Ledger, et la société est alors dans l'orbite du fabricant de portefeuilles. Accaparé par la croissance de Ledger, il confie ensuite la gestion à Nicolas Louvet, l'un des business angels de la Maison du Bitcoin, qui en prend la direction en novembre 2017.

2018-2020 : la mue et le pari réglementaire

En 2018, la société devient indépendante de Ledger et prend le nom de Coinhouse. La nouvelle équipe réoriente le modèle vers des services en ligne et une approche servicielle plutôt que purement transactionnelle. Fin 2018 naît Coinhouse Custody Services, société sœur dédiée à la conservation, ainsi qu'une offre d'accompagnement premium pour les grands comptes.

C'est là que se joue le choix structurant. Plutôt que de rester dans la zone grise confortable de l'époque, Coinhouse participe dès 2019 aux travaux qui aboutiront à la loi PACTE, et à la fondation de l'ADAN. En 2020, elle devient le premier prestataire de services sur actifs numériques enregistré par l'AMF. Une levée de 2,4 millions en 2019 finance ce développement.

Ce pari sur la conformité paraissait coûteux et lent quand les concurrents offshore captaient les volumes sans contrainte. Avec le recul, c'est ce qui a permis à l'entreprise d'exister aujourd'hui.

2021-2022 : l'euphorie et l'ambition de « cryptobanque »

L'année 2021 est exceptionnelle, avec l'arrivée d'une clientèle institutionnelle. Suivent plusieurs levées de fonds successives : un tour de série B début 2022 auprès notamment de True Global Ventures, puis une annonce à 40 millions d'euros en juin 2022 avec ODDO BHF parmi les investisseurs — la presse spécialisée retient plutôt 25 millions pour ce tour associant ODDO BHF, Tioga Capital, True Global Ventures et Xange, l'écart tenant au périmètre retenu. L'entreprise revendique alors plus de 350 000 comptes, une centaine de salariés, et se dit rentable depuis fin 2020. L'ambition affichée est de devenir la « première cryptobanque européenne ». Une licence est également obtenue au Luxembourg auprès de la CSSF.

Novembre 2022 : les Livrets Crypto, l'épisode qu'il ne faut pas oublier

C'est le passage le plus instructif, et celui que les présentations commerciales survolent.

Coinhouse proposait des « Livrets Crypto » offrant jusqu'à 6 % de rendement annuel, produit qui reposait sur des contreparties externes. Lors de l'effondrement de FTX, l'entreprise a d'abord annoncé prendre à sa charge l'impact de cette défaillance, en précisant que FTX servait de contrepartie à hauteur d'environ 5 % pour les livrets Bitcoin et USDT et 20 % pour l'Ethereum. Puis Genesis Global, autre contrepartie touchée par la faillite de FTX à hauteur de 175 millions de dollars, a gelé ses rachats — contraignant Coinhouse à suspendre les retraits sur les livrets. Environ 10 000 clients étaient concernés.

En décembre 2022, l'entreprise a proposé un geste commercial : une couverture partielle des pertes à hauteur de 5 600 euros, les clients acceptant renonçant en contrepartie à toute indemnisation complémentaire. Il faut noter, par honnêteté, que rien ne l'obligeait juridiquement à dédommager qui que ce soit.

La leçon est générale et dépasse largement Coinhouse : un rendement affiché sur un actif volatil n'est jamais gratuit — il est la rémunération d'un risque de contrepartie que le client ne voit pas et ne peut pas auditer. Le mot « livret » était, à mon sens, le vrai problème : il empruntait le vocabulaire de l'épargne garantie pour désigner un prêt à des acteurs non régulés.

2023 : la purge

L'hiver crypto fait le reste. En octobre 2023, l'entreprise annonce se séparer d'une trentaine de collaborateurs sur environ 70, soit près de 40 % des effectifs. C'est la contrepartie du modèle : une structure lourde en conseil et en conformité résiste mal à un effondrement des volumes.

2026 : MiCA et la consolidation

L'année en cours marque un tournant. Le 11 mai 2026, Coinhouse obtient l'agrément MiCA auprès de l'AMF, couvrant sept services dont le conseil et la gestion de portefeuille, avec passeport européen à la clé. Le 24 juillet, s'y ajoute un agrément d'établissement de paiement délivré par l'ACPR, désormais nécessaire pour opérer pleinement sur les stablecoins.

Et le 27 août dernier — il y a deux jours — l'entreprise a officialisé la reprise de l'activité de gestion sous mandat de Tilvest, dont les équipes la rejoignent. Le point clé est dans le motif : Tilvest n'était pas parvenu à décrocher son agrément MiCA. La fin de la période transitoire redistribue le marché français, les acteurs agréés absorbant les ex-PSAN restés sans licence. Coinhouse récupère au passage un canal vers les conseillers en gestion de patrimoine sans avoir eu à le construire.

Ce que cette trajectoire me semble enseigner
  • La régulation comme actif. Le choix fait en 2019-2020 paraissait défensif ; il est devenu une barrière à l'entrée et un moteur d'acquisition. Ceux qui ont optimisé la vitesse plutôt que la conformité ont disparu ou sont rachetés.
  • Le risque de contrepartie est le vrai risque du secteur, bien avant la volatilité. Les clients des Livrets n'ont pas été pénalisés par une baisse du Bitcoin, mais par la faillite d'entreprises situées à deux maillons de distance dont ils ignoraient l'existence.
  • Le prix de la confiance. Le modèle assume des frais nettement supérieurs aux plateformes globales, en échange d'un cadre français, d'un support local et d'un accompagnement. C'est un arbitrage défendable pour un premier achat ou une trésorerie d'entreprise, beaucoup moins pour de l'accumulation régulière sur plusieurs années où les frais s'accumulent mécaniquement. À chacun de situer son besoin.
  • La consolidation ne fait que commencer. MiCA va probablement produire en Europe ce que la MIF a produit chez les courtiers : quelques acteurs agréés qui absorbent les autres. C'est plutôt sain pour la protection des clients, moins pour la concurrence sur les tarifs.
Mes questions à la communauté
  • Y a-t-il ici d'anciens clients des Livrets Crypto ? Comment avez-vous vécu la séquence suspension puis geste commercial, et avec quel sentiment aujourd'hui ?
  • Ceux qui utilisent la plateforme actuellement : les frais vous paraissent-ils justifiés par le service, ou tradez-vous ailleurs et ne gardez Coinhouse que pour le cadre français ?
  • Plus largement : entre une plateforme française agréée aux frais élevés et un exchange global moins cher, qu'est-ce qui emporte votre décision — et cet arbitrage a-t-il changé après 2022 ?
Je n'ai aucun lien commercial avec Coinhouse et ce message n'est ni une recommandation ni une critique de la société, simplement une lecture de sa trajectoire. Investir dans les crypto-actifs comporte un risque de perte totale du capital. Les chiffres cités proviennent de la presse spécialisée et des communications de l'entreprise ; certains, notamment sur les levées de fonds, divergent selon les sources.