Les meilleures ressources francophones gratuites pour l'investisseur particulier

Venez faire découvrir à tous les membres du forum VideoBourse vos sites, outils et ressources préférés en rapport avec le trading et la bourse en général, et pourquoi pas les vôtres par la même occasion.

Modérateur : Administrateurs

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JosephTot

Les meilleures ressources francophones gratuites pour l'investisseur particulier

#1 Message par JosephTot »

Suite du message précédent, cette fois centré sur ce qui existe en français et pour un investisseur résidant en France. Le paysage est très différent : moins de plateformes de données brillantes, mais un accès public à l'information légale et réglementaire que beaucoup de pays nous envient.

Un réflexe avant tout le reste, et c'est le plus rentable de cette liste.


0. La vérification qui vous fera économiser le plus d'argent

Avant de confier un euro à un intermédiaire, vérifiez-le sur amf-france.org.

L'AMF publie des listes blanches — les acteurs autorisés à exercer en France — et des listes noires, régulièrement mises à jour, des sites signalés pour proposition illégale de services d'investissement. C'est gratuit, cela prend trente secondes, et cela évite l'essentiel des arnaques qui circulent sur les réseaux sociaux.

Le site propose aussi l'ensemble de ses études sur les résultats réels des particuliers, ses guides pédagogiques et la base des décisions et informations financières.


NIVEAU 1 — L'information officielle des sociétés cotées

1. info-financiere.fr
L'équivalent français d'EDGAR. Toute l'information réglementée déposée par les sociétés cotées à Paris : documents d'enregistrement universel, communiqués réglementés, franchissements de seuils, déclarations de dirigeants.

Nettement moins connu que son homologue américain, tout aussi gratuit, et incontournable dès que vous suivez une valeur française.

2. Le BALO — journal-officiel.gouv.fr/balo
Le Bulletin des annonces légales obligatoires. On y trouve les avis de convocation aux assemblées générales, les résolutions soumises au vote, les comptes annuels de certaines sociétés.

Usage concret : les résolutions d'une AG vous disent ce que la direction s'apprête à demander aux actionnaires — augmentation de capital, autorisation de rachat d'actions, rémunérations. C'est souvent le premier signal d'un changement de stratégie, et il est public plusieurs semaines à l'avance.

3. Euronext — live.euronext.com
Le site de l'opérateur de marché lui-même : cotations officielles, composition et révisions des indices, opérations sur titres, calendrier des publications, et l'ensemble des sociétés d'Euronext Growth.

C'est la source de référence quand une information contradictoire circule sur la composition d'un indice ou sur une opération en cours.

4. BOFiP et impots.gouv.fr
Pour tout ce qui touche à la fiscalité de vos placements, le Bulletin officiel des finances publiques contient la doctrine administrative — c'est-à-dire ce que l'administration s'engage à appliquer.

Cela vaut infiniment mieux qu'un article de blog, y compris le mien : en cas de contrôle, c'est ce texte qui fait foi, pas le résumé qu'on en a lu quelque part.


NIVEAU 2 — Les données d'entreprise, y compris non cotées

5. Pappers.fr et annuaire-entreprises.data.gouv.fr
Deux services gratuits qui agrègent les données publiques issues de l'INSEE, de l'INPI, du BODACC et des greffes : statuts, comptes annuels déposés, historique des dirigeants, bénéficiaires effectifs, procédures collectives, liens capitalistiques entre sociétés.

Le second est le service de l'État lui-même. Le premier a une interface plus agréable et permet le téléchargement direct des documents, sans inscription.

Pourquoi c'est utile à un investisseur en bourse : pour examiner les filiales non cotées d'un groupe, pour comprendre l'actionnariat réel d'une petite valeur, et pour vérifier l'existence et la santé d'une société qui vous démarche.

La limite à connaître : de nombreuses PME bénéficient d'une option de confidentialité de leurs comptes. L'absence de bilan sur une fiche ne signifie donc pas que la société est inactive.


NIVEAU 3 — Les portails de march

6. Boursorama.com
Le portail d'information financière le plus fréquenté de France, et à distinguer de la banque du même groupe. Cotations en temps réel, actualité de plusieurs dizaines de partenaires éditoriaux, dépêches réglementaires, émissions vidéo dont Ecorama qui reçoit régulièrement des dirigeants de sociétés cotées.

L'accès est gratuit et financé par la publicité.

Le vrai intérêt pour un investisseur : les entretiens avec les dirigeants au moment des publications de résultats. C'est de l'information de première main, en français, sur des valeurs françaises.

7. Les autres portails historiques
Zonebourse, ABC Bourse, BFM Bourse, Investir, Capital, Les Échos. Selon les cas, l'accès est intégralement gratuit, partiellement gratuit, ou financé par abonnement, et ces conditions changent régulièrement — vérifiez avant de vous appuyer sur l'un d'eux.

Une remarque valable pour tous : l'information factuelle qu'ils publient est fiable. Les articles de commentaire et les « valeurs à suivre » relèvent d'un autre registre et ne devraient jamais tenir lieu d'analyse.


NIVEAU 4 — Macro, épargne et pédagogie

8. INSEE, Banque de France, BCE
Inflation, croissance, emploi, crédit, taux directeurs, enquêtes de conjoncture. Séries longues, gratuites, exportables.

Point d'entrée pratique : les enquêtes mensuelles de conjoncture de l'INSEE et de la Banque de France donnent une lecture de l'économie française bien plus riche que les chiffres commentés dans la presse.

9. La finance pour tous, et Mes questions d'argent
Le premier est le site de l'Institut pour l'éducation financière du public, le second émane de la Banque de France. Contenus pédagogiques, simulateurs, explications de produits, sans intérêt commercial derrière.

C'est ce qu'il faut recommander à quelqu'un qui débute, plutôt qu'une chaîne vidéo — y compris la mienne.


NIVEAU 5 — La communauté

10. Les forums francophones sérieux
Devenir-rentier, et quelques communautés spécialisées, produisent des fils d'une qualité que peu de contenus payants atteignent — notamment sur les petites valeurs françaises, l'immobilier et la fiscalité appliquée.

Comment les lire correctement : un forum est une source d'idées et de points de vigilance. Ce n'est jamais une source de faits. Tout ce que vous y lisez doit être vérifié dans les documents cités aux niveaux 1 et 2. C'est vrai ici aussi.


La faiblesse du paysage francophone, et comment la contourner

Soyons honnêtes sur ce qui manque.

Il n'existe pas d'équivalent français à StockAnalysis ou Finviz : aucun screener gratuit véritablement complet sur les valeurs européennes, aucune base d'états financiers normalisés en accès libre. Les données brutes existent — elles sont dans les documents d'enregistrement universel — mais personne ne les met en forme gratuitement.

Concrètement, cela signifie que sur les valeurs françaises, le travail de mise en tableau reste à faire à la main. C'est fastidieux. C'est aussi précisément pour cette raison que les inefficiences sont plus fréquentes sur les petites valeurs de la cote parisienne que sur les grandes valeurs américaines : moins d'yeux, moins d'outils, moins de couverture d'analystes.

Ce n'est pas seulement une contrainte. C'est aussi la seule raison plausible pour laquelle un particulier pourrait avoir un avantage quelque part.

Et vous ? Je suis particulièrement intéressé par vos ressources sur les valeurs d'Euronext Growth et sur les nano-caps parisiennes, où l'information est la plus difficile à réunir — et où elle vaut probablement le plus cher.

Ce message est à visée pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement. Les conditions d'accès des sites mentionnés évoluent fréquemment : vérifiez-les avant de vous y fier.

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