Avertissement d'usage : je ne suis pas fiscaliste, ce qui suit est une synthèse pratique et non un conseil fiscal. En cas de situation particulière, rapprochez-vous d'un professionnel ou de votre SIE.
D'abord, le point qui détermine tout : votre courtier est-il français ou étranger ?
C'est l'entité juridique qui détient votre compte qui compte, pas la marque commerciale ni l'existence d'une succursale en France.
- Courtier français (BoursoBank, Bourse Direct, Fortuneo...) : il produit un IFU et transmet les données au fisc. Votre déclaration est en grande partie pré-remplie. Vous n'avez souvent rien d'autre à faire que vérifier.
- Courtier étranger (Trade Republic en Allemagne, Interactive Brokers en Irlande, Degiro, eToro, Revolut, Swissquote...) : pas d'IFU, rien de pré-rempli, et c'est à vous de tout reconstituer. C'est là que les outils deviennent utiles.
Les 3 outils gratuits à épuiser avant de payer quoi que ce soit
1. Le relevé annuel de votre courtier. C'est la matière première, et elle est gratuite. « Rapport d'activité annuel » chez Interactive Brokers, « Rapport fiscal » chez Trade Republic, « Rapport annuel » chez Degiro. Téléchargez-le au format CSV et PDF, et archivez-le : votre courtier ne le gardera pas indéfiniment, l'administration peut remonter plusieurs années.
2. Le parcours en ligne d'impots.gouv.fr, avec les notices. Sous-estimé. Le service en ligne gère le report automatique du 2074 vers la 2042, et les notices officielles des formulaires 2074 et 2047 répondent à 80 % des questions qu'on va chercher sur des blogs. Le simulateur officiel d'impôt est également gratuit et permet de tester l'option pour le barème.
Autre chose que beaucoup ignorent : le service de correction en ligne rouvre après la campagne, généralement de fin juillet à début décembre. Une erreur détectée en septembre se corrige en trois clics, sans drame.
3. Un tableur maison en prix moyen pondéré. C'est austère, mais c'est le seul outil que vous maîtrisez totalement, et il résout le problème n°1 de la déclaration bourse : les courtiers étrangers calculent souvent en FIFO, alors que le fisc français impose la méthode du prix moyen pondéré (PMP). Sur un portefeuille avec des achats échelonnés, l'écart n'est pas anecdotique. Si vous n'avez que quelques dizaines de lignes par an, un tableur suffit largement.
Les outils payants
Trois familles, selon ce que vous avez à déclarer.
4. FlashFiscal — spécialisé bourse via courtiers étrangers. Import du relevé, conversion en euros aux taux de change des bonnes dates, calcul en PMP, génération des 3916-bis, 2047, 2074-CMV et des reports sur la 2042. Une soixantaine de courtiers pris en charge, dont une quinzaine en import automatique. Ne gère pas la crypto. Compter environ 150 à 200 € par an selon la formule.
Transparence : j'ai reçu Axel Paris, à l'origine de FlashFiscal, en interview sur la chaîne. Je n'ai pas de lien commercial avec l'outil, mais autant que ce soit dit.
5. DeclarAid — plus large en périmètre. Couvre bourse, crypto et crowdfunding dans une même interface, ce qui est son principal argument face aux outils mono-classe. Propose un niveau gratuit qui estime l'impôt sans générer les formulaires, puis des paliers payants (grosso modo de 99 à 199 €/an). Intègre une simulation PFU contre barème progressif, ce qui est utile si votre TMI est basse.
6. Waltio, Divly ou Koinly — pour la crypto uniquement. Les outils bourse ne traitent généralement pas le formulaire 2086. Si vous avez des cessions d'actifs numériques, il vous faut un outil dédié, et pensez au 3916-bis pour les comptes ouverts sur des plateformes étrangères.
7. L'expert-comptable ou l'avocat fiscaliste. Il faut le citer, mais avec sa vraie place : compter plusieurs centaines d'euros, voire beaucoup plus, et beaucoup refusent ce type de mission en pleine saison. Justifié pour une mobilité internationale, des RSU/stock-options, une succession, un démembrement ou un contrôle en cours. Largement surdimensionné pour un CTO chez Trade Republic.
Les six pièges qui coûtent le plus cher
- Oublier le 3916-bis. L'omission de déclaration d'un compte à l'étranger est l'erreur la plus fréquente et la plus chère : l'amende se compte en milliers d'euros par compte et par année non déclarée. Avec les échanges automatiques d'informations (CRS, DAC), la détection n'est plus hypothétique.
- Confondre PMP et FIFO. Reprendre tel quel le chiffre du relevé étranger n'est pas une fraude, mais ce n'est pas exact non plus. Si vous manquez de temps, faites-le et corrigez en septembre.
- Ne pas déclarer une année de pertes. Une moins-value non déclarée l'année de sa réalisation, c'est un report sur dix ans qui disparaît. Déclarez même une année blanche ou négative : c'est un actif fiscal.
- Mélanger les cases. Les gains sur instruments financiers à terme — futures, options, warrants, CFD — relèvent de l'article 150 ter du CGI, passent par le 2074 et se reportent en 3VG/3VH. La crypto, elle, passe par le 2086 et se reporte en 3AN/3BN sur la 2042-C. Ce ne sont pas les mêmes circuits.
- Ignorer la case 2OP. L'option pour le barème progressif est globale sur l'année et concerne tous vos revenus du capital. Elle est souvent gagnante à 0 ou 11 % de TMI. À recalculer chaque année, pas une fois pour toutes.
- Croire l'outil sur parole. Aucun logiciel n'endosse votre responsabilité. La signature est la vôtre. Relisez toujours les montants générés en les confrontant au relevé du courtier.
Le PFU était de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 1,4 point, portant les prélèvements sociaux à 18,6 % et le PFU global à 31,4 %.
Attention à la chronologie, qui embrouille tout le monde : la hausse porte sur les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026. Les gains réalisés en 2025 et déclarés au printemps 2026 restent donc au régime précédent. Ceux réalisés en 2026 subiront le nouveau taux, avec une déclaration au printemps 2027. Vérifiez ce point avant de reprendre un chiffre lu quelque part : plusieurs sites appliquent le nouveau taux à la mauvaise année.
Conséquence pratique : l'option pour le barème progressif redevient intéressante pour un cran de contribuables supplémentaire. À simuler.
Une mise en garde sur les comparatifs que vous trouverez en ligne
La grande majorité des articles « comparatif des meilleurs outils fiscaux » sont rémunérés à l'affiliation, ce qui se repère à la présence de codes promo et à la conclusion invariablement favorable au même produit. Ça ne rend pas ces articles faux, mais ça explique pourquoi ils ne se contredisent jamais.
Vérifiez toujours les tarifs et le périmètre directement sur le site de l'éditeur : ces outils évoluent vite, et la liste des courtiers pris en charge change d'une année sur l'autre.
Pour discuter
Qui utilise quoi ici, et pour combien de lignes par an ? Je suis particulièrement curieux des retours sur le multi-courtiers et le multi-devises, là où les écarts de fiabilité se voient vraiment.
Et si quelqu'un a mis au point un tableur PMP propre pour Interactive Brokers, ça intéresserait sûrement du monde qu'il le partage.

