Pepperstone vs IC Markets : lequel choisir pour scalper des CFD avec quelques milliers d'euros ?

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JosephTot

Pepperstone vs IC Markets : lequel choisir pour scalper des CFD avec quelques milliers d'euros ?

#1 Message par JosephTot »

La question revient régulièrement sur le forum, et les comparatifs qu'on trouve ailleurs répondent toujours à côté : ils alignent des listes de régulateurs et des spreads « à partir de », sans jamais poser la seule question qui compte quand on scalpe avec 3 000 ou 5 000 € — combien coûte réellement un aller-retour, et est-ce que le compte est assez gros pour porter la position.

Voici une comparaison sans marketing, avec la méthode pour trancher vous-même.

1. La sécurité : match nul, et ce n'est pas ce que raconte la page d'accueil

Les deux courtiers affichent des listes impressionnantes de régulateurs. Pepperstone : FCA, ASIC, BaFin, DFSA, CySEC, CMA, SCB. IC Markets : ASIC, CySEC, FSA Seychelles.

Sauf qu'en tant que résident français, une seule entité vous concerne, et c'est la même juridiction dans les deux cas :
  • Pepperstone : Pepperstone EU Limited, Limassol, licence CySEC 388/20
  • IC Markets : IC Markets (EU) Ltd, Limassol, licence CySEC 362/18
Conséquence directe : même fonds d'indemnisation chypriote (ICF) plafonné à 20 000 €, mêmes règles ESMA (levier 1:30 sur le forex majeur, 1:20 sur les indices majeurs, protection contre le solde négatif, clôture automatique à 50 % de marge), même ségrégation des fonds.

Autrement dit : « régulé par la FCA » est exact pour le groupe et sans effet pour vous. Si vous choisissez sur ce critère, vous choisissez sur un argument qui ne s'applique pas à votre compte.

Les statistiques réglementaires de pertes, elles, sont publiques et quasi identiques : environ 75 % de comptes perdants chez Pepperstone, environ 72 % chez IC Markets EU. Aucun des deux n'a de secret que l'autre n'aurait pas.

2. Le coût réel sur le forex

Les deux fonctionnent sur le même modèle : spread brut plus commission fixe, et la commission ne s'applique qu'au forex, aux métaux et aux actions.
  • IC Markets Raw Spread : EUR/USD à 0,06 pip de moyenne, commission 3,50 $ par côté sur MT4/MT5, 3,00 $ sur cTrader
  • Pepperstone Razor : EUR/USD autour de 0,10 pip de moyenne, commission 3,50 $ par côté sur MT4/MT5/TradingView, 3,00 $ sur cTrader
En coût tout compris, on parle d'environ 0,76 pip contre 0,80 pip par lot aller-retour. Sur vingt lots par mois, l'écart représente moins de dix euros. Ce n'est pas là que se joue votre rentabilité, et tout comparatif qui construit son verdict sur ces quatre centièmes de pip vous vend un lien affilié.

3. Le coût réel sur les indices : là, ça compte

Point capital que la plupart des scalpeurs d'indices ignorent : chez Pepperstone comme chez IC Markets, il n'y a aucune commission sur les indices. Le coût total de votre trade tient dans un seul nombre — le spread — et ce nombre est variable.

IC Markets publie ses moyennes constatées, ce qui est vérifiable :

Code : Tout sélectionner

Instrument Spread min Spread moyen
US500 0,20 0,36
USTEC (NAS100) 1,00 1,57
DE40 (GER40) 0,50 1,46
US30 1,00 1,09
Regardez l'écart entre la colonne minimum et la colonne moyenne : sur le Nasdaq, +57 %. Le spread « à partir de 1,0 point » existe réellement — à 3 h du matin, quand vous dormez. À 15 h 30, à l'ouverture cash américaine, c'est-à-dire précisément au moment où un scalpeur d'indices travaille, vous payez la moyenne, voire le double pendant les statistiques.

Pepperstone communique de son côté des spreads « à partir de » sur ses pages produits, sans table de moyennes constatées équivalente et publique. Impossible, donc, de comparer sérieusement sur documents.

La seule méthode qui vaut quelque chose : ouvrir les deux démos, et enregistrer vous-même le spread toutes les cinq minutes sur votre créneau de trading, pendant dix séances. Un petit script MQL5 qui logue SymbolInfoInteger(symbole, SYMBOL_SPREAD) dans un CSV fait le travail en vingt lignes. Dix jours de mesures sur votre propre fenêtre horaire valent tous les comparatifs du web, celui-ci compris.

4. L'arithmétique du petit compte, celle qui fait vraiment le tri

Prenons un compte de 3 000 €, un risque discipliné de 1 % par trade, soit 30 €.

Sur le NAS100, aux niveaux actuels, un lot représente environ 1 $ le point pour un notionnel d'environ 25 000 $. Au levier réglementaire de 1:20 sur les indices majeurs, la marge immobilisée est de 5 %, soit environ 1 250 $ — plus du tiers de votre capital pour une seule position. Et avec 30 € de risque à 1 $ le point, votre stop fait 28 points. Sur le Nasdaq à l'ouverture, 28 points, c'est du bruit : vous serez sorti par la respiration normale du marché avant que votre scénario ait eu le temps d'exister.

Sur le US500, même exercice : environ 1 $ le point pour un notionnel autour de 6 500 $, soit environ 325 $ de marge. Les mêmes 30 € de risque vous achètent un stop de 30 points, ce qui est structurellement cohérent avec l'amplitude de l'instrument. Et un spread moyen de 0,36 représente environ 1,2 % de votre risque, contre plus de 5 % dans le cas Nasdaq.

Le vrai enseignement est là, et il n'a rien à voir avec le choix du courtier : avec quelques milliers d'euros, le choix de l'instrument pèse dix fois plus lourd que le choix du broker. Un scalpeur qui passe du NAS100 au US500 divise son coût relatif par quatre et retrouve une taille de stop viable. Un scalpeur qui change de courtier gagne quatre centièmes de pip.

5. Plateformes et exécution

Les deux proposent MT4, MT5, cTrader et TradingView, autorisent le scalping, le hedging et les EA sans restriction.

Ce qui les différencie à la marge :
  • cTrader est moins cher chez les deux (3 $ par côté au lieu de 3,50 $) et donne accès au carnet d'ordres de niveau II, ce qui a un sens réel pour un scalpeur
  • Pepperstone a une plateforme propriétaire, une intégration TradingView native, et des CFD perpétuels sans échéance sur une poignée de sous-jacents dont le US500 et le NAS100
  • IC Markets annonce des serveurs en datacenter Equinix, plus de 2 250 instruments et aucun frais d'inactivité
Sur la qualité d'exécution proprement dite, aucune plaquette ne vous renseignera. Le seul juge est le journal de votre propre terminal : prix demandé contre prix obtenu, latence, comportement pendant les statistiques. Comparez vos deux démos sur les mêmes ordres, aux mêmes heures. Le slippage à l'ouverture américaine coûte, sur une stratégie de scalping, infiniment plus cher que le spread affiché.

6. Les détails qui décident quand le compte est petit
  • Ouvrez le compte en euros : sinon la commission libellée en dollars est convertie au taux spot à chaque trade, et votre banque prend sa part sur les mouvements
  • Dépôt minimum : 200 $ chez IC Markets, aucun minimum affiché chez Pepperstone
  • Frais d'inactivité : à vérifier au moment de l'ouverture, ils apparaissent et disparaissent des conditions générales
  • Retour à la source sur les retraits : vos gains repartent vers le moyen de paiement du dépôt, ce qui pose problème si la carte a expiré entre-temps
  • Lot minimum de 0,01 chez les deux, mais vérifiez la spécification du contrat de l'indice visé avant de bâtir votre money management dessus
7. Le volet fiscal, souvent oublié

Dans les deux cas, vous ouvrez un compte à l'étranger. Cela déclenche l'obligation de déclarer ce compte à l'administration fiscale chaque année, y compris s'il est resté inactif, et l'oubli se sanctionne indépendamment de vos résultats.

Aucun des deux ne produit d'IFU français : le calcul et la déclaration de vos gains vous incombent entièrement. Tenez un journal exploitable dès le premier trade, pas en avril suivant.

8. Verdict

Sur le papier, IC Markets est légèrement moins cher sur le forex et publie des moyennes de spread vérifiables, ce qui est un point de transparence réel. Pepperstone offre un écosystème de plateformes plus large et une gamme de produits plus fournie.

Pour un résident français, la différence entre les deux relève de l'erreur d'arrondi comparée à trois décisions qui, elles, changent tout : l'instrument que vous scalpez, la taille de vos positions, et votre capacité à mesurer vos propres coûts au lieu de les lire sur un site.

La bonne démarche reste la même quel que soit le nom du courtier : deux démos ouvertes en parallèle, une semaine de mesures sur votre créneau réel, puis un dépôt modeste chez celui qui a gagné sur vos données à vous.

Et si vous hésitez encore entre les deux après ça, c'est probablement que le choix n'a pas d'importance.

Vos retours m'intéressent, en particulier sur trois points :
  • Ceux qui ont les deux comptes : avez-vous constaté une différence mesurable de slippage à l'ouverture US, ou seulement une impression ?
  • Quelqu'un a-t-il relevé les spreads indices des deux courtiers sur une même période ? Si oui, partagez vos chiffres, c'est la donnée qui manque partout
  • Pour ceux qui scalpent avec moins de 5 000 € : quel indice avez-vous retenu, et pourquoi ?
Message pédagogique, sans conseil en investissement. Les CFD sont des instruments à effet de levier comportant un risque élevé de perte rapide en capital : environ 75 % des comptes de particuliers sont perdants chez les courtiers cités. Chiffres relevés en août 2026, susceptibles d'évoluer — vérifiez toujours sur les sites officiels avant d'ouvrir un compte.

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