Module scalping de ProRealTime : présentation complète

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JosephTot

Module scalping de ProRealTime : présentation complète

#1 Message par JosephTot »

Le mode scalping est l'un des modes de carnet d'ordres les plus utilisés de la plateforme, et probablement celui dont on parle le moins précisément. Beaucoup de traders l'activent, gardent les réglages par défaut et passent à côté de l'essentiel : ce module se configure ligne par ligne, colonne par colonne, raccourci par raccourci, et c'est ce paramétrage qui fait la différence entre une interface qui vous ralentit et une interface qui disparaît derrière votre décision.

Ce sujet fait le tour complet : ce qu'est réellement ce mode, tous les réglages disponibles, les fonctions ajoutées au fil des versions, l'intégration V13, les périphériques, et une méthode de mise en place.

1. Ce que c'est, et ce que ce n'est pas

Le mode scalping n'est pas un module séparé : c'est un mode d'affichage du carnet d'ordres. Il a été introduit en version 10.3 et se caractérise par un carnet composé de larges boutons, associé à des raccourcis clavier pour accélérer le passage d'ordres. Comme tous les modes d'affichage du carnet, il accepte de nombreuses personnalisations : l'icône en forme de clé anglaise ouvre les paramètres, l'icône en forme de clavier dans la barre de titre ouvre la configuration des raccourcis.

Dans la V13, il est accessible depuis le menu Trading de la fenêtre principale, qui regroupe désormais les différentes méthodes de passage d'ordres : depuis les graphiques, via le carnet d'ordres, en mode scalping ou en trading automatique.

Le principe est simple : fusionner la profondeur de marché et l'action dans une seule surface cliquable, de sorte qu'entre la décision et l'ordre il ne reste qu'un geste. Tout le reste — préparation des stops, des objectifs, des quantités — se fait en amont.

2. Prérequis
  • La plateforme Complète (le carnet d'ordres et ses modes ne sont pas l'usage naturel du web ou du mobile).
  • Un compte de trading raccordé : ProRealTime propose la réception-transmission d'ordres avec Interactive Brokers et Saxo Bank, qui assurent l'exécution, ainsi que l'offre "compte IG sponsorisé par ProRealTime".
  • Les données temps réel du marché scalpé, avec la profondeur. Sur un instrument où vous ne disposez que du meilleur bid/ask, l'intérêt du mode s'effondre — c'est d'ailleurs pour ces marchés (le Forex typiquement) qu'existe le format "meilleure Offre/Demande".
  • Un compte virtuel pour tout régler. Le passage d'ordres fonctionne à l'identique sur compte réel ou virtuel : il n'y a aucune raison de faire ses réglages en argent réel.
3. Les quatre formats de carnet, et lequel choisir

Le paramètre "Affichage" propose Vertical, Horizontal et Meilleure Offre/Demande, auxquels s'ajoute le mode scalping proprement dit.
  • Vertical : les prix au centre, les quantités à l'achat dans la colonne "Acheter", celles à la vente dans la colonne "Vendre". C'est la disposition classique en échelle, et celle qui autorise le plus d'options de placement.
  • Horizontal : acheteurs à gauche, vendeurs à droite. Dans ce format, vous sélectionnez explicitement le type d'ordre (limite ou stop) via un bouton radio en bas à gauche avant de cliquer sur le prix.
  • Meilleure Offre/Demande : seuls les boutons d'achat et de vente au marché sont affichés. Le bouton rouge vend au prix de l'offre, le vert achète au prix de la demande.
  • Scalping : gros boutons, pensé pour la vitesse et les raccourcis.
Point pratique souvent utile : le vertical permet une fenêtre plus étroite, l'horizontal une fenêtre moins haute. Sur un écran chargé, ce choix se fait autant sur la place disponible que sur la préférence.

4. Les réglages de base : quantité et distances

Dans la partie supérieure de la fenêtre de propriétés, vous configurez :
  • la quantité par défaut proposée pour vos ordres ;
  • l'éloignement par défaut entre vos stops/objectifs et l'ordre initial auquel ils sont associés.
Détail capital que beaucoup ignorent : ces paramètres se règlent indépendamment pour chaque type d'instrument — Futures, Forex, Autres. Vous pouvez donc avoir un stop par défaut à 8 ticks sur les futures et un réglage totalement différent ailleurs, sans jamais retoucher quoi que ce soit en séance.

5. Toutes les colonnes disponibles

C'est ici que se joue la lecture du flux. Chaque colonne s'active ou se désactive individuellement.
  • Quantité : les quantités disponibles à l'achat et à la vente, avec choix de couleur pour les colonnes "Acheter" et "Vendre".
  • Quantité (histogramme) : la même information en représentation graphique par niveau de prix. Beaucoup plus lisible en périphérie du regard quand vous fixez le prix.
  • Exécutés par niveau de prix : la quantité réellement exécutée à chaque niveau depuis le début de la journée. C'est la colonne la plus sous-estimée du module : elle distingue les niveaux où il s'est passé quelque chose des niveaux où il y a seulement des ordres affichés.
  • Exécutés par niveau de prix (histogramme) : la version graphique de la précédente.
  • Nb. ordres par niveau de prix : le nombre d'ordres en attente à chaque niveau — information disponible uniquement sur certains marchés d'actions. Utile pour distinguer un gros ordre unique d'une accumulation de petits.
  • Mes ordres : vos propres ordres en attente affichés dans le carnet.
  • Colonnes Qté & Type d'ordre : des étiquettes verticales rappelant le type d'ordre et la quantité qui seront placés selon la zone cliquée. À garder activé tant que les réflexes ne sont pas acquis — c'est ce qui évite le clic au mauvais endroit.
  • Afficher la dernière exécution >= : affiche le volume de la dernière transaction sur le niveau correspondant, à condition qu'il dépasse un seuil que vous choisissez. C'est votre filtre à gros ordres : réglé correctement, il ne fait apparaître que ce qui compte.
6. Les options d'affichage
  • Boutons Acheter/Vendre au marché : les afficher ou les cacher. Les cacher libère un espace significatif — et supprime aussi une possibilité de clic accidentel au marché.
  • Type d'ordre dans la boîte A/V : affiche le type d'ordre au survol de la colonne achat/vente.
  • Ratio Offre/Demande : une représentation graphique du rapport entre acheteurs (zone verte) et vendeurs (zone rouge), qui donne une indication visuelle immédiate de la pression dominante.
  • Afficher les prix situés entre le meilleur bid et le meilleur ask : indispensable sur les instruments à spread large, inutile sur ceux qui cotent au tick.
  • Formatage colonne Bid/Ask : coché, les prix d'achat sont à gauche, les prix de vente à droite, et une police plus large est appliquée au meilleur bid/ask. Décoché, tout est centré sans distinction — et la ligne du meilleur bid/ask est réduite en hauteur, ce qui gagne de la place.
  • Surligner le dernier prix : colore la ligne correspondant à la dernière exécution.
  • Colorer le niveau de prix de votre position : à activer sans hésiter. Voir en permanence son prix de revient dans l'échelle change la gestion des sorties.
  • Donner une couleur à l'exécution du dernier prix et activer le clignotement sur tous les prix : deux options de dynamisme visuel, à doser. Trop d'animation fatigue et masque l'information utile.
  • Configurer l'affichage du meilleur bid/ask : un lien vers les options de la plateforme permettant de mettre certains chiffres en exposant ou en gros caractères. Sur un future coté à cinq chiffres, lire les deux derniers en grand et les premiers en petit fait gagner un temps réel.
7. La barre d'information

Trois éléments activables en bas de fenêtre :
  • Spread Offre/Demande, en bas à droite — le coût d'entrée immédiat, à surveiller en permanence quand on scalpe.
  • Heure de dernière variation, en bas à gauche — un indicateur d'activité : si le bid/ask n'a pas bougé depuis un moment, vous êtes dans un trou de liquidité.
  • Total Offre/Demande — la quantité totale affichée de chaque côté du carnet.
8. La logique de placement des ordres

C'est le point qui provoque le plus d'erreurs chez les nouveaux utilisateurs. En mode vertical, deux logiques sont proposées dans les options :
  • Mode par défaut : les ordres d'achat stop se placent au-dessus du prix, les ordres de vente stop en dessous.
  • Mode alternatif : les ordres d'achat limite se placent au-dessus du prix et les ordres de vente limite en dessous.
Dans les deux cas, vous pouvez toujours placer une limite à l'achat sous le prix et une limite à la vente au-dessus. En mode horizontal, le choix du type d'ordre est explicite via le bouton radio en bas de fenêtre — c'est moins rapide, mais moins ambigu.

Vous pouvez également associer directement à votre ordre principal un stop, en cochant la case "Stop", et un objectif, en cochant la case "Objectif". Avec les distances par défaut réglées correctement, cela signifie qu'un seul clic pose une position entièrement protégée. C'est la configuration à viser : jamais de position nue en scalping.

Enfin, tout ordre passé s'affiche simultanément dans le carnet, sur le graphique et dans la liste des ordres, et se modifie depuis n'importe laquelle de ces fenêtres.

9. Les fonctions de gestion de position ajoutées au module

La version 12 a apporté au mode scalping quatre fonctions qui en changent l'usage quotidien :
  • Déplacer le stop au seuil de rentabilité en une action. C'est le geste le plus fréquent d'une séance de scalping, et il devient instantané.
  • Réduire une position, donc sortir partiellement sans tout liquider.
  • Afficher le gain potentiel des ordres en cours, directement lisible.
  • Fixer une limite à X ticks en choisissant soit le prix de référence, soit le gain ou la perte souhaité(e). Autrement dit, vous pouvez raisonner en euros plutôt qu'en ticks quand cela vous arrange.
Étaient par ailleurs annoncées en cours de développement : le placement simultané de plusieurs stops et de plusieurs objectifs, l'affichage du ratio gain/perte dans les étiquettes d'ordre, et une série d'outils de money management (perte journalière ou mensuelle maximale sur une position ou sur le portefeuille, alerte email au franchissement d'un montant de perte, nombre maximum de transactions par type d'instrument). Vérifiez dans votre version ce qui est effectivement disponible aujourd'hui : c'est la partie de la feuille de route la plus intéressante pour un scalpeur, parce que ce sont des garde-fous, pas des gadgets.

10. Les raccourcis et les périphériques

C'est là que le module prend sa dimension réelle. Le mode scalping est conçu pour être piloté au clavier, à la souris, et même à la manette de jeu — la plateforme accepte la manette comme périphérique, et une même fonction peut recevoir un raccourci sur chaque type de périphérique.

Au-dessus, il y a le Stream Deck, que ProRealTime prend en charge nativement. On associe une action ou une information à chaque touche, directement depuis la plateforme :
  • placer des ordres au marché ou limite au niveau du bid ou du ask ;
  • ajouter un stop et/ou un objectif à la position ;
  • déplacer stops et objectifs pas à pas, au tick près ;
  • ajuster ou réinitialiser la quantité des boutons de passage d'ordre ;
  • fermer ou inverser la position, annuler les ordres en attente ;
  • suivre la performance du jour, globale ou par instrument ;
  • passer d'un instrument à l'autre en mode mono-instrument, ou assigner un instrument par touche en mode multi-instrument ;
  • ouvrir de nouvelles fenêtres de la plateforme.
On peut créer plusieurs configurations, assigner un raccourci clavier à chacune et basculer de l'une à l'autre en une touche — par exemple une configuration "construction de position" et une configuration "gestion de sortie". L'intérêt majeur, au-delà du confort : garder le contrôle des positions même lorsque la plateforme n'est pas la fenêtre active.

11. L'écosystème autour du module

Le mode scalping ne s'utilise jamais seul. Quatre compléments à connaître :
  • ProOrderFlow : un graphique de l'historique des ordres d'achat et de vente du carnet. Les lignes continues montrent l'historique du bid/ask, les cercles les exécutions, les zones colorées l'historique du volume par niveau de prix. C'est la mémoire de ce que le carnet a fait, quand le carnet ne montre que l'instant.
  • Le Market Replay : rejouer des données passées, trader dessus via le module de PaperTrading et obtenir un rapport détaillé des résultats sur la période rejouée. On choisit l'instrument, les dates de début et de fin, l'unité de temps et la vitesse — la version Premium permet le rejeu simultané sur plusieurs instruments. C'est l'outil d'entraînement idéal pour ce module : vous pouvez répéter cent fois une ouverture de séance sans risquer un centime.
  • La liste tick par tick, multi-instruments, avec colonne "capital" (volume × prix du tick) et filtres pour n'afficher que les ticks dépassant un volume ou un capital minimum. C'est le complément naturel de la colonne "dernière exécution >=".
  • Le Volume Profile, le VWAP et, depuis la V13, le Market Profile pour le contexte de niveaux. En V13, le VWAP et le Volume Profile sont devenus des objets que l'on trace en choisissant les points de début et de fin.
Ajoutons deux apports V13 utiles au scalpeur : les onglets dans les graphiques, jusqu'à dix par fenêtre avec un instrument et une unité de temps différents pour chacun, et les nouvelles colonnes de listes affichant mini-graphiques et valeurs d'indicateurs. Sur un poste où chaque pixel compte, cela change l'organisation de l'espace de travail.

Enfin, un réflexe de méthode : la V12 a introduit les modèles de carnets d'ordres. Une fois votre configuration au point, sauvegardez-la et déployez-la, plutôt que de la reconstruire à la main sur chaque instrument.

12. Méthode de mise en place, dans l'ordre
  • Ouvrir un compte virtuel et y faire l'intégralité des réglages.
  • Choisir le format d'affichage en fonction de l'instrument et de la place disponible.
  • Régler les quantités et les distances stop/objectif par défaut, séparément pour Futures, Forex et Autres.
  • Activer les colonnes utiles et désactiver tout le reste. Un carnet surchargé est un carnet qu'on lit mal.
  • Calibrer le seuil "dernière exécution >=" en observant une séance entière : le bon seuil est celui qui déclenche quelques fois par minute, pas en continu.
  • Vérifier la logique de placement (stop au-dessus / limite en dessous) et la tester à blanc jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune hésitation.
  • Configurer les raccourcis, en commençant par les trois vitaux : fermeture de position, annulation de tous les ordres, passage du stop au seuil de rentabilité.
  • Répéter en Market Replay jusqu'à ce que les gestes soient automatiques.
  • Sauvegarder le modèle de carnet et l'espace de travail.
  • Passer en réel avec la plus petite taille possible, et n'augmenter qu'après plusieurs semaines de statistiques.
13. Les erreurs qui coûtent cher
  • Laisser les boutons "au marché" visibles à côté de la zone de clic quand on est encore débutant.
  • Ne pas cocher stop et objectif par défaut, et se retrouver avec une position nue pendant un pic de volatilité.
  • Confondre la profondeur affichée et la profondeur réelle : ce que vous voyez est ce qui est affiché, pas ce qui sera exécuté. Les ordres peuvent disparaître à l'approche du prix.
  • Scalper un instrument dont le spread représente une fraction importante de l'objectif visé. Un objectif de 4 ticks sur un spread de 2 ticks n'est pas une stratégie, c'est un impôt.
  • Oublier les commissions dans le calcul de l'espérance. En scalping, le nombre de transactions multiplie les frais bien plus vite que les gains.
  • Configurer des raccourcis dangereux à proximité les uns des autres. La touche "inverser la position" ne devrait jamais être voisine de la touche "fermer".
  • Confondre outil et méthode. Le meilleur carnet du monde ne crée aucun avantage statistique : il supprime les frictions d'exécution d'un avantage que vous devez déjà avoir.
Un mot sur le scalping lui-même

Ce mode est un excellent outil, mais il faut être clair sur ce qu'il implique. Le scalping sur instruments à effet de levier expose à des pertes potentiellement supérieures au dépôt et ne convient qu'à des personnes averties disposant des moyens financiers de supporter ce risque. C'est aussi le style où les coûts de transaction et la qualité d'exécution pèsent le plus lourd, et où l'écart entre performance simulée et performance réelle est le plus large. Le Market Replay et le PaperTrading existent précisément pour mesurer cet écart avant de le payer.

Pour la discussion

Deux questions à ceux qui utilisent ce module au quotidien : quelle est votre configuration de colonnes, et surtout à quel seuil réglez-vous l'affichage de la dernière exécution selon l'instrument ? Et pour ceux qui sont passés au Stream Deck, quelle répartition de touches avez-vous retenue entre entrée, gestion et sortie ? Les captures de configuration sont bienvenues, c'est le genre de détail qu'on ne trouve nulle part et qui fait gagner des semaines.

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Fabien Labrousse
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Re: Module scalping de ProRealTime : présentation complète

#2 Message par Fabien Labrousse »

Merci pour ce récapitulatif, c'est de loin la présentation la plus complète que j'aie lue sur ce mode. Je complète avec un retour d'expérience personnel : j'ai utilisé le mode scalping de ProRealTime sur le future ES de 2018 à 2023, et cela s'est très bien passé.

Mon usage : l'open US, et surtout "plus rien à faire"

Je travaillais à très court terme, avec un objectif de 4 ticks, essentiellement sur l'ouverture américaine. Et ce que j'appréciais le plus dans ce module, c'est précisément ce que tu décris au point 8 : une fois mon ordre limite d'entrée placé, je n'avais plus rien à faire. Si l'ordre était pris, le TP se posait tout seul.

Ça peut sembler anecdotique dit comme ça, mais c'est le cœur du sujet. Sur la fenêtre de l'open, ou juste avant et juste après, chaque milliseconde compte et la principale source de perte n'est pas le marché : c'est l'erreur humaine. Un ordre mal saisi, un TP oublié, un clic à côté. Le fait de tout préparer en amont — quantité, distance d'objectif, stop associé — et de n'avoir plus qu'un seul geste à faire réduit mécaniquement la surface d'erreur. C'est un gain de fiabilité avant d'être un gain de vitesse.

C'est aussi pour cette raison que je rejoins totalement ton point 13 sur les positions nues : cocher stop et objectif par défaut n'est pas une commodité, c'est une condition d'exercice.

Ma configuration de colonnes

Pour répondre à ta première question, je fonctionnais avec un carnet volontairement dépouillé :
  • Quantité en histogramme plutôt qu'en chiffres — sur un objectif de 4 ticks, on n'a pas le temps de lire des nombres, on lit une forme
  • Exécutés par niveau de prix, en histogramme également, pour la même raison
  • Mes ordres, évidemment
  • Colorer le niveau de prix de la position, activé en permanence
  • Dernière exécution >=, avec un seuil calibré (voir ci-dessous)
Et surtout, tout le reste désactivé, y compris les boutons "au marché" que je cachais systématiquement. Je rejoins ton constat : un carnet surchargé est un carnet qu'on lit mal, et sur ce type d'horizon, l'information qu'on ne lit pas est pire qu'inutile puisqu'elle occupe l'espace visuel.

Sur le seuil "dernière exécution >="

C'est effectivement le réglage le plus délicat, et je confirme ta règle empirique : le bon seuil est celui qui déclenche quelques fois par minute, pas en continu. Mais j'ajouterais qu'il n'est pas stable dans le temps. Le niveau pertinent sur l'ES en 2018 n'était plus le même en 2022, simplement parce que le volume moyen et la taille des lots avaient évolué. Je le recalibrais périodiquement, en observant une séance complète comme tu le recommandes, et je le durcissais nettement sur les journées à statistiques ou à FOMC où le flux devient dense au point de saturer le filtre.

Sur le Stream Deck

Je l'ai utilisé / testé, mais je ne l'ai pas adopté dans mon trading quotidien.

L'articulation avec des logiques optionnelles

Un point que je n'ai pas vu abordé dans le sujet et qui a compté dans mon cas : il m'arrivait de compléter ou d'articuler mes positions sur le future avec des options, ou plus largement avec des logiques optionnelles indexées sur l'ES.

L'idée n'était pas de faire de la stratégie optionnelle pour elle-même. C'était de disposer d'un second outil pour mettre en forme le risque autour d'une exposition existante : borner la perte sur une position conservée plus longtemps que prévu, conserver une exposition résiduelle après avoir soldé le future quand la lecture restait valable, ou aborder une échéance connue avec un profil de risque non linéaire.

L'avantage de cet écosystème, c'est que tout est adossé au même sous-jacent. On reste dans le même univers de prix et de repères que le carnet qu'on a sous les yeux, ce qui rend l'articulation entre les deux beaucoup plus naturelle qu'avec des produits hétérogènes. Cela suppose en revanche de raisonner sur des horizons différents en parallèle, ce qui n'est pas évident quand on est par ailleurs concentré sur des allers-retours de quelques ticks.

Ce que j'en retiens

Sur le fond, cette stratégie m'a donné de bonnes performances sur toute la période où je l'ai exercée. Je reste volontairement qualitatif sur ce point : des résultats passés sur un style aussi dépendant des conditions d'exécution, de la structure de coûts et du régime de volatilité ne se transposent pas, et les afficher en détail donnerait une fausse impression de reproductibilité. Ce qui est utile à partager, ce n'est pas le chiffre, c'est ce qui l'a produit.

Et dans mon cas, l'essentiel tenait à trois choses. Un seul instrument, travaillé tous les jours, jusqu'à connaître le comportement de son carnet. Une seule fenêtre horaire, celle de l'open US, ignorée le reste de la séance. Et un process réduit au minimum de gestes possibles, avec stop et objectif automatiques, pour que la seule variable restante soit la décision d'entrer.

Je n'exerce plus cette approche depuis 2023, et je ne prétends pas qu'elle soit transposable telle quelle : elle demandait une disponibilité quotidienne sur une plage horaire précise, une discipline d'exécution stricte, et l'acceptation du fait que le résultat se construit sur un très grand nombre d'opérations, pas sur quelques coups. La contrepartie, c'est que les coûts de transaction pèsent lourd et qu'un mauvais calibrage de l'espérance ne se voit qu'après plusieurs centaines d'allers-retours.

Mais sur la question de fond — est-ce que ce module tient la route sur un instrument comme l'ES — ma réponse est oui, sans réserve. Avec la nuance que tu formules très bien en fin de sujet : l'outil ne crée aucun avantage statistique, il supprime les frictions d'exécution d'un avantage qu'il faut déjà avoir.
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