PEA, compte-titres ou assurance-vie en 2026 : le comparatif chiffré après la hausse de la flat tax

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JosephTot

PEA, compte-titres ou assurance-vie en 2026 : le comparatif chiffré après la hausse de la flat tax

#1 Message par JosephTot »

Bonjour à tous,

Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax n'est plus à 30 %. Et surtout, elle ne s'applique plus uniformément à toutes les enveloppes. C'est un changement que beaucoup d'épargnants n'ont pas encore intégré, alors qu'il modifie concrètement l'ordre de préférence entre PEA, compte-titres et assurance-vie. Faisons le point, chiffres à l'appui.

1. Ce qui a changé exactement

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du patrimoine et de placement de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Le taux forfaitaire d'impôt sur le revenu reste, lui, à 12,8 %.

Résultat : la flat tax (PFU) passe de 30 % à 31,4 %.

Mais — et c'est tout l'intérêt du sujet — cette hausse ne concerne pas tout le monde. Un amendement adopté lors du vote a explicitement exclu certains placements :
  • Passent à 18,6 % : compte-titres, PEA, PER (bancaire comme assurantiel), livrets fiscalisés, plus-values mobilières, actifs numériques.
  • Restent à 17,2 % : l'assurance-vie, l'épargne logement (PEL, CEL) et les plus-values immobilières.
La justification avancée pour l'assurance-vie tient à son poids : environ 1 900 milliards d'euros d'encours, soit le placement préféré des ménages français. Le gouvernement n'a pas voulu déclencher un choc fiscal sur cette masse.

Autre point à connaître, souvent mal compris : pour le PEA, le taux appliqué est celui en vigueur à la date du retrait, et il s'applique à l'ensemble des gains présents dans le plan, y compris ceux constitués avant 2026. Il n'y a pas de « gel » des plus-values antérieures au taux ancien.

2. Les trois enveloppes en un coup d'œil

Le PEA
  • Plafond de versement : 150 000 €.
  • Univers : actions et ETF éligibles, essentiellement européens (des ETF à réplication synthétique permettent toutefois de suivre des indices mondiaux).
  • Avant 5 ans : retrait = clôture du plan et imposition à 31,4 %.
  • Après 5 ans : exonération totale d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux à 18,6 % restent dus. Les retraits partiels ne ferment plus le plan et les versements peuvent continuer.
  • Aucune imposition tant qu'on ne sort pas : dividendes et plus-values se capitalisent en franchise d'impôt à l'intérieur de l'enveloppe.
Le compte-titres ordinaire (CTO)
  • Aucun plafond, aucune restriction géographique ou de support.
  • Imposition à 31,4 % sur chaque gain réalisé et chaque dividende encaissé, l'année où il est perçu.
  • Option possible pour le barème progressif (case 2OP) : abattement de 40 % sur les dividendes et déductibilité de 6,8 points de CSG. Attention, la fraction déductible n'a pas été relevée avec la hausse : elle reste à 6,8 points sur 10,6. L'option n'est en général intéressante que pour un TMI de 0 % ou 11 %, et elle est globale pour tous vos revenus du capital de l'année.
  • Les moins-values sont reportables sur dix ans.
L'assurance-vie
  • Aucun plafond de versement.
  • Prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %, donc PFU effectif de 30 % au lieu de 31,4 %.
  • Sur les fonds en euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année au moment de l'inscription en compte des intérêts, même sans rachat. Sur les unités de compte, uniquement au rachat.
  • Après 8 ans : taux d'IR ramené à 7,5 % pour les versements n'excédant pas 150 000 €, avec un abattement annuel de 4 600 € sur les gains retirés (9 200 € pour un couple).
  • Transmission : abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les primes versées avant 70 ans, régime conservé.
3. Le comparatif chiffré

Prenons un cas simple : 50 000 € investis, qui deviennent 100 000 €. Soit 50 000 € de plus-value à sortir.
  • Compte-titres : 50 000 × 31,4 % = 15 700 € d'imposition. Net perçu : 34 300 €.
  • PEA de plus de 5 ans : 50 000 × 18,6 % = 9 300 €. Net perçu : 40 700 €.
  • Assurance-vie de plus de 8 ans, rachat total en une fois (personne seule) : abattement de 4 600 € puis 45 400 × 7,5 % = 3 405 € d'IR, plus 50 000 × 17,2 % = 8 600 € de prélèvements sociaux, soit 12 005 €. Net perçu : 37 995 €.
  • Assurance-vie de plus de 8 ans, rachats étalés sur plusieurs années pour rester sous l'abattement annuel : l'impôt sur le revenu tombe à zéro, il ne reste que 8 600 € de prélèvements sociaux. Net perçu : 41 400 €.
Trois enseignements immédiats.

D'abord, l'écart entre CTO et PEA est massif : 6 400 € sur cet exemple, soit près de 13 % du gain. Le PEA reste de très loin la meilleure enveloppe pour des actions européennes détenues longtemps.

Ensuite, l'assurance-vie ne bat le PEA que si l'on sait étaler ses rachats. En rachat total sec, elle est plus chère. La différence entre 37 995 € et 41 400 €, c'est uniquement une question de calendrier de sortie.

Enfin, le surcoût lié à la hausse de la CSG est réel mais modeste en valeur absolue : sur ces 50 000 € de plus-value en PEA, il représente 700 €. Sur 150 000 € de plus-value, 2 100 €.
4. Le vrai sujet n'est pas la fiscalité

C'est le point que je voulais surtout faire passer, parce qu'il est systématiquement inversé dans les discussions.

Le passage de 17,2 % à 18,6 % coûte 1,4 point, prélevé une seule fois, à la sortie. Comparons cela au coût d'un point de frais annuels supplémentaires, prélevé chaque année, sur la totalité du capital.

Prenons 50 000 € placés pendant 20 ans à 6 % brut :
  • À 6 % net (frais négligeables, cas d'un PEA en ETF chez un courtier compétitif) : 160 357 €.
  • À 5 % net (un point de frais de gestion annuel en plus, cas d'un contrat d'assurance-vie moyen) : 132 665 €.
  • Écart : 27 692 €.
Sur le premier cas, le surcoût lié à la hausse de la CSG serait de 1,4 % sur 110 357 € de gain, soit environ 1 545 €.

Autrement dit : un point de frais annuels coûte ici près de dix-huit fois plus cher que la hausse de la flat tax. Un épargnant qui déplacerait son capital du PEA vers l'assurance-vie pour économiser 1,4 point de prélèvements sociaux, tout en payant 1 % de frais de gestion en plus, ferait une très mauvaise affaire.

La hiérarchie des critères devrait donc être : frais d'abord, univers d'investissement ensuite, fiscalité en troisième. Ce qui est exactement l'inverse de ce qu'on lit partout en ce moment.
Cela ne disqualifie pas l'assurance-vie : il existe des contrats à 0,5 % de frais de gestion sur unités de compte, sans frais d'entrée, avec des ETF disponibles. Sur ces contrats-là, le raisonnement s'inverse et l'écart de 1,4 point redevient un vrai argument, surtout combiné à l'avantage successoral.

5. Un ordre de remplissage raisonnable
  • Épargne de précaution sur livrets réglementés (Livret A et LDDS à 1,7 %, LEP à 2,5 % si vous y êtes éligible) : trois à six mois de dépenses.
  • PEA jusqu'au plafond de 150 000 € pour la poche actions long terme, avec des frais de courtage bas et un horizon de plus de 5 ans.
  • Assurance-vie en parallèle, à condition de sélectionner un contrat à frais réduits, pour la diversification hors actions européennes, la souplesse des rachats et surtout la transmission.
  • Compte-titres en dernier, pour ce qui ne rentre nulle part ailleurs : actions américaines en direct, produits dérivés, obligations, valeurs asiatiques. Avec l'idée que la fiscalité y est frottante, donc que la rotation du portefeuille coûte cher.
6. Ce qu'il faut surveiller d'ici la fin d'année

Le projet de loi de finances 2027 sera déposé cet automne, et la fiscalité de l'épargne fera partie des arbitrages. Un rapport d'enquête parlementaire remis en juillet a formulé 19 recommandations sur l'imposition des hauts patrimoines, la flat tax appliquée à l'assurance-vie figurant parmi les sujets abordés. L'exclusion dont bénéficie l'assurance-vie aujourd'hui n'a rien de définitif.

À noter aussi, côté PER : depuis 2026, les versements effectués à partir du 70e anniversaire ne sont plus déductibles du revenu imposable. En contrepartie, le report des plafonds de déduction non utilisés passe de trois à cinq ans.

En résumé

La hausse de la flat tax à 31,4 % creuse un écart de 1,4 point entre l'assurance-vie et les autres enveloppes. C'est réel, mais c'est marginal comparé à l'effet des frais et de l'horizon de placement. Le PEA reste l'enveloppe la plus efficace pour les actions européennes détenues longtemps, l'assurance-vie garde l'avantage sur la souplesse et la transmission à condition de choisir un contrat peu chargé, et le compte-titres se justifie par sa liberté, pas par sa fiscalité.

Et vous, la hausse de janvier vous a-t-elle fait modifier quelque chose dans votre allocation, ou bien vous n'y avez pas touché ?

Ce message est proposé à titre pédagogique et informatif. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal ou patrimonial personnalisé. Les règles décrites correspondent à l'état du droit connu à la date de rédaction et sont susceptibles d'évoluer, notamment avec la loi de finances 2027. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous d'un professionnel avant toute décision. Investir comporte un risque de perte en capital.

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