On voit de plus en plus passer les mentions « broker en RTO » ou « broker non-RTO » dans les comparatifs et sur les sites des courtiers. Ce n'est pas un détail de jargon : ça dit beaucoup sur qui fait quoi quand vous passez un ordre.
1. Définition
RTO = Réception-Transmission d'Ordres.
C'est l'un des services d'investissement définis par la directive MiFID II et repris en droit français (article L321-1 du Code monétaire et financier).
- Un broker « en RTO » reçoit votre ordre et le transmet à un autre prestataire qui l'exécute réellement (courtier exécutant, broker partenaire, apporteur de liquidité). Il fournit l'interface et le service client, mais ce n'est pas lui qui exécute, et bien souvent ce n'est pas lui qui conserve vos titres ou vos fonds.
- Un broker « non-RTO » va plus loin : selon son agrément, il exécute lui-même vos ordres (exécution pour compte de tiers), ou il se porte contrepartie de vos positions (négociation pour compte propre, le fameux modèle « market maker » ou « dealing desk », très courant sur les CFD et le forex).
- Qui exécute, qui conserve ?
En RTO, l'exécution et souvent la conservation se font chez un tiers. Il faut donc savoir qui est ce partenaire, dans quel pays il est situé et quel régulateur le supervise. - Meilleure exécution
Le broker en RTO a surtout une obligation de meilleure sélection : il doit bien choisir l'exécutant. C'est l'exécutant qui porte l'obligation de meilleure exécution. - Garanties en cas de défaillance
Le mécanisme d'indemnisation qui s'applique (FGDR en France ou son équivalent étranger) dépend de l'établissement qui détient réellement vos avoirs, pas forcément de la marque commerciale que vous voyez sur l'appli. - Conflits d'intérêts
Sur les CFD, un broker qui transmet vos ordres au marché ou à un apporteur de liquidité n'a en principe pas d'intérêt à ce que vous perdiez. Un market maker, lui, est en face de vous. C'est encadré par la réglementation, mais il vaut mieux le savoir.
- Lisez les mentions légales et les conditions générales : une phrase du type « les ordres sont transmis pour exécution à… » doit vous mettre la puce à l'oreille.
- Vérifiez l'agrément du broker et de son partenaire sur le REGAFI (registre des agents financiers) et sur les listes de l'AMF.
- Consultez la politique d'exécution des ordres, que tout prestataire doit publier : elle indique les lieux et les intermédiaires d'exécution.
Être en RTO n'est ni bon ni mauvais en soi. C'est un modèle d'organisation, mais il faut le connaître avant d'ouvrir un compte.RTO ou non-RTO, la question de fond est simple : ce broker exécute-t-il mes ordres lui-même, ou les fait-il exécuter ailleurs ? Et dans le second cas : chez qui, et où est mon argent ?
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