Comment obtenir les meilleures données historiques pour réaliser des backtests fiables ?

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Eugenehok
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Comment obtenir les meilleures données historiques pour réaliser des backtests fiables ?

#1 Message par Eugenehok »

Un backtest ne vaut jamais mieux que les données sur lesquelles il tourne. On passe des heures à optimiser une stratégie, à affiner un stop ou un filtre horaire… alors que la cause numéro un des backtests trompeurs, c'est souvent la donnée elle-même : barres manquantes, ticks reconstitués, prix ajustés n'importe comment, spreads irréalistes. Voici un tour d'horizon pour choisir ses données selon ce que l'on teste.

1. Adapter la granularité à la stratégie

C'est la première question à se poser : de quelle précision ai-je besoin ?
  • Données journalières (Daily) : suffisantes pour du swing, de l'investissement, de la rotation sectorielle ou des stratégies de tendance long terme.
  • Barres 1 minute (M1) : le minimum pour de l'intraday. Attention cependant : avec des barres M1, le logiciel ne sait pas si le plus haut a été touché avant le plus bas. Si votre stop et votre objectif tiennent dans la même bougie, le résultat du backtest est une supposition.
  • Données tick par tick : indispensables pour le scalping, les stratégies d'open (breakout des premières minutes), les stops serrés et tout ce qui dépend du spread. C'est aussi le seul moyen de modéliser correctement le slippage sur les moments volatils.
Règle simple : plus votre stop est petit par rapport à la taille moyenne d'une bougie, plus vous avez besoin de ticks.

2. Les principales sources, gratuites et payantes

Sources gratuites ou peu coûteuses
  • Les données de votre broker (MetaTrader 5, cTrader, ProRealTime…) : avantage énorme, ce sont les prix sur lesquels vous allez réellement trader, avec le vrai spread et les vraies horaires de cotation. Inconvénient : l'historique tick est souvent limité dans le temps et la qualité varie d'un broker à l'autre.
  • Dukascopy : historique tick gratuit sur le forex et de nombreux CFD indices et matières premières, sur de longues périodes. C'est la référence historique des traders MT4/MT5, téléchargeable via des outils tiers. À recaler sur le fuseau horaire de votre broker.
  • TrueFX et HistData : données forex gratuites (tick ou M1), utiles pour compléter ou recouper.
  • Yahoo Finance, Stooq : corrects pour du daily sur actions et indices, mais les ajustements (dividendes, splits) sont parfois incohérents et il peut manquer des séances. À ne pas utiliser sans vérification.
  • API Interactive Brokers : historique intraday accessible si vous avez un compte, mais avec des limites de requêtes qui rendent le téléchargement de longues séries fastidieux.
Sources professionnelles (payantes)
  • Databento : données tick et carnet d'ordres sur les futures CME, Eurex et actions US, facturées à l'usage. Idéal pour tester une stratégie sur le vrai contrat NQ ou FDAX plutôt que sur un CFD.
  • FirstRate Data, Kibot : historiques intraday (M1 et tick) sur actions, ETF et futures, à prix abordable, avec des historiques longs.
  • Norgate Data : la référence pour les actions sans biais du survivant (inclut les sociétés radiées), indispensable pour backtester une stratégie sur un indice d'actions.
  • Tick Data LLC, Refinitiv/LSEG, Bloomberg : niveau institutionnel, avec un coût qui ne se justifie que pour une activité professionnelle.
3. Les pièges qui faussent un backtest

Le biais du survivant
Tester une stratégie sur les composants actuels du CAC 40 ou du Nasdaq 100, c'est tester uniquement sur les gagnants. Les sociétés sorties de l'indice ou disparues ne sont pas dans les données. Résultat : performances gonflées, parfois de plusieurs points par an.

Les ajustements de prix
Sur les actions, il faut des prix ajustés des splits et des dividendes pour mesurer la performance, mais les prix non ajustés pour les ordres, les filtres de prix ou les niveaux techniques. Mélanger les deux crée des signaux qui n'ont jamais existé.

Les contrats futures continus
Un future expire. Pour obtenir un long historique, on raccorde les contrats successifs (roll). Selon la méthode (back-adjusted par différence ou par ratio, ou sans ajustement), les niveaux de prix passés changent complètement. Un backtest basé sur des niveaux de prix absolus peut être faux uniquement à cause de la méthode de raccordement.

CFD ≠ sous-jacent
Un CFD NAS100 ou GER40 suit le future ou l'indice, mais avec des horaires, un spread, un financement overnight et parfois des cotations hors séance propres au broker. Une stratégie testée sur le future doit être revalidée sur les données du broker avec lequel on va trader.

Le fuseau horaire et l'heure d'été
Erreur extrêmement fréquente : les serveurs MT5 sont souvent en GMT+2/+3, les données Dukascopy en UTC, et les décalages d'heure d'été entre l'Europe et les États-Unis ne tombent pas les mêmes semaines. Une stratégie d'open mal recalée teste… autre chose que l'open.

Les « faux ticks » de MetaTrader
Dans le testeur MT5, le mode « Every tick » génère des ticks artificiels à partir des barres M1. Seul le mode « Every tick based on real ticks » utilise les ticks réellement enregistrés. Sur une stratégie à stops serrés, l'écart entre les deux peut être spectaculaire.

Spread, commissions et slippage
Un backtest avec un spread fixe et moyen sous-estime le coût réel : le spread s'élargit justement aux moments où beaucoup de stratégies interviennent (ouvertures, annonces macro, rollover de nuit). Il faut des données avec spread variable, ou au minimum ajouter une marge de sécurité.

Le biais d'anticipation (look-ahead)
Utiliser la clôture d'une bougie pour décider d'entrer… sur cette même bougie. Ou un indicateur calculé sur des données révisées après coup. C'est subtil, fréquent, et toujours flatteur pour les résultats.

4. Contrôler la qualité de ses données

Avant de lancer le moindre backtest :
  • Chercher les trous : compter le nombre de barres par séance et repérer les journées incomplètes.
  • Chercher les pics aberrants : un tick isolé à 5 % du prix suffit à déclencher un stop fictif.
  • Recouper deux sources : comparer par exemple les données de son broker avec Dukascopy ou un fournisseur de futures sur quelques journées volatiles.
  • Vérifier les horaires : première et dernière cotation de chaque séance, cohérence des changements d'heure.
  • Regarder un graphique : ça paraît évident, mais beaucoup d'anomalies sautent aux yeux en quelques secondes.
5. Une méthode de travail réaliste
  1. Prototyper sur des données gratuites ou celles de son broker, pour voir si l'idée tient la route.
  2. Valider sur un historique long et de qualité (tick si nécessaire), en incluant des régimes de marché différents : 2008, 2015, 2018, 2020, 2022…
  3. Séparer les données d'optimisation et les données de test (out-of-sample), et ne jamais réoptimiser sur la période de test.
  4. Revalider sur les données exactes de l'instrument tradé (le CFD de votre broker, pas seulement le future).
  5. Confronter au réel : comparer quelques semaines de trading en démo ou en petite taille avec ce que le backtest prévoyait sur la même période. L'écart entre les deux est la meilleure mesure de la qualité de votre backtest.
En résumé

Il n'existe pas « une » meilleure source de données, mais une source adaptée à chaque usage : du daily ajusté et sans biais du survivant pour les stratégies actions, des futures continus maîtrisés pour les stratégies indices longues, et des ticks réels avec spread variable dès que l'on travaille en intraday serré. Une stratégie qui ne survit qu'avec des données approximatives n'est pas une stratégie, c'est un artefact.

Et vous, quelles sources utilisez-vous pour vos backtests ? Avez-vous déjà constaté de gros écarts entre un backtest et le réel à cause des données ?

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