Avertissement important avant de commencer : ces chiffres proviennent d'études différentes, sur des périodes et avec des méthodes différentes. Ils donnent des ordres de grandeur et des tendances, pas des certitudes. Une statistique n'est pas une stratégie : un taux de réussite élevé ne dit rien de la perte subie avant que le scénario se réalise, ni de l'impact des coûts.
1. La volatilité est concentrée autour de l'ouverture
Sur le future Nasdaq (NQ), une étude par tranche horaire montre que l'amplitude médiane atteint environ 155 points sur l'heure de 15h à 16h (heure de Paris) et reste proche de 150 points entre 16h et 17h. Elle retombe ensuite autour de 90 points en milieu de journée américaine, soit quasiment moitié moins.
Point intéressant de la même étude : le spread moyen est plus élevé autour de l'ouverture qu'en milieu de séance, et les micro-mouvements de prix sont les plus violents sur cette tranche. Autrement dit, c'est le moment où il y a le plus de mouvement à capter, mais aussi celui où l'exécution coûte le plus cher et où le slippage est le plus probable.
2. Les plus hauts et plus bas du jour se forment souvent au début (ou à la fin)
Une étude sur l'ETF SPY (S&P 500) montre que le plus haut ou le plus bas de la séance est atteint environ 62 % du temps pendant la première ou la dernière heure, alors que ces deux heures ne représentent que 31 % de la séance. La même étude note que le plus bas du jour se forme plus souvent dans la première heure que le plus haut.
Conséquence pratique : la première heure fixe souvent l'une des bornes de la journée. Un trader qui achète un excès de baisse à l'ouverture joue avec cette tendance, mais il doit accepter que dans une bonne partie des cas, le bas de la première heure ne sera pas celui du jour.
3. Les gaps d'ouverture : souvent comblés, mais pas toujours
Le gap d'ouverture désigne l'écart entre la clôture de la veille à 22h et l'ouverture de 15h30. Sur les futures et la plupart des CFD, qui cotent presque 24h/24, ce "gap" n'est pas visible sur un graphique continu : il faut le mesurer par rapport à la clôture de la séance cash de la veille.
Les statistiques de comblement varient selon les études et les périodes :
- Une analyse sur les 6 derniers mois publiée récemment donne un taux de comblement d'environ 60 % pour le S&P 500.
- D'autres analyses sur le future ES trouvent des taux plus élevés, autour de 68 à 72 %.
- La taille du gap change tout : selon une analyse, les petits gaps (moins de 0,5 %) se comblent dans la séance environ 65 % du temps, contre seulement 35 % environ pour les gaps supérieurs à 1 %, qui ont plutôt tendance à se prolonger dans leur direction.
À retenir : le "gap fill" n'est pas une loi du marché. Un gap important, surtout s'il fait suite à une vraie nouvelle (résultats, statistique macro, géopolitique), a beaucoup moins de chances de se refermer qu'un petit gap technique.
4. Le range d'ouverture comme indicateur de direction
Le range d'ouverture correspond au plus haut et au plus bas des premières minutes de séance (souvent 5, 15 ou 30 minutes). Une étude sur le SPY montre que lorsque le prix casse le range des 15 premières minutes par le haut, la séance termine dans le vert environ 64 % du temps.
La même source indique que le prix revient chercher au moins 25 % du range d'ouverture plus d'une fois sur deux après la cassure, mais seulement 12 % du temps jusqu'aux 75 % du range. C'est une information utile pour placer un stop ou une entrée sur repli.
5. Le calendrier qui compte : trois horaires à surveiller
- 14h30 (heure de Paris) : publication des grandes statistiques américaines (inflation, emploi, inscriptions au chômage, ventes au détail). Le mouvement de 14h30 conditionne souvent le gap et la tonalité de l'ouverture.
- 15h30 : ouverture du marché cash. Le flux d'ordres accumulés se déverse, la volatilité et les spreads sont au maximum.
- 16h00 : deuxième vague de statistiques (ISM, confiance des consommateurs, ventes de logements...). C'est un moment classique de retournement ou d'accélération de la tendance d'ouverture.
6. Nasdaq ou S&P 500 : pas tout à fait le même comportement
Le Nasdaq 100 est plus volatil que le S&P 500 et plus concentré sur quelques grandes valeurs technologiques. Les statistiques citées plus haut suggèrent aussi qu'il réagit plus vite à l'ouverture, avec des comblements de gap plus rapides que sur le S&P 500. En pratique, un même scénario ne se déroule pas forcément au même rythme sur les deux indices, et les tailles de stop doivent être adaptées à la volatilité de chacun.
Comment utiliser ces statistiques ?
- Comme contexte, pas comme signal : savoir qu'un gap se comble souvent n'indique ni quand entrer, ni où placer son stop.
- En regardant les pertes intermédiaires : un scénario qui se réalise 70 % du temps peut être perdant si la perte maximale avant réalisation est trop grande.
- En intégrant les coûts réels : spread élargi à l'ouverture, slippage et commissions pèsent beaucoup sur des objectifs de quelques points.
- En vérifiant sur ses propres données : les comportements changent selon les régimes de marché, et les cotations d'un CFD ne sont pas identiques à celles du future ou de l'ETF étudié.
Tradez-vous l'ouverture US, et si oui, sur quel indice et avec quelle approche (cassure du range, comblement de gap, attente de la statistique de 16h...) ? Avez-vous mesuré vous-mêmes certaines de ces statistiques ?

