CFD sur indice ou future sur le même indice : pourquoi les cours ne sont-ils pas les mêmes ?
Publié : 06 oct. 2026, 01:39
C'est une question qui revient régulièrement : on regarde le DAX sur son CFD, puis le future FDAX, et les deux cours affichent un écart de plusieurs dizaines, voire centaines de points. Même chose sur le CAC 40, le S&P 500 ou le Nasdaq. Aucune erreur là-dedans : les deux produits ne mesurent pas exactement la même chose. Explications.
1. Trois prix différents pour un même indice
Il faut d'abord distinguer trois choses :
Acheter un future plutôt que l'ensemble des actions de l'indice présente deux différences économiques :
Future = Indice cash × (1 + taux × durée jusqu'à l'échéance) − dividendes attendus avant l'échéance
L'écart entre le future et l'indice cash s'appelle la base. Il diminue au fil du temps, et le future converge vers l'indice cash à l'échéance.
3. Trois exemples pour bien comprendre (chiffres illustratifs)
4. Les deux grands types de CFD sur indices
C'est la question clé. L'indice officiel n'est calculé que pendant les heures de bourse. Pourtant, votre CFD sur le DAX cote la nuit et après 17h30. Comment ?
La réponse : le broker se base en réalité sur le future, qui cote presque 24h/24, et retire la base théorique pour obtenir un prix "équivalent cash". Concrètement, le prix du CFD cash est souvent calculé ainsi : prix du future − base théorique. C'est pourquoi le CFD continue de bouger la nuit au rythme du future, et pourquoi son cours peut légèrement différer de l'indice officiel, même pendant les heures de bourse. Chaque broker a sa propre méthode de calcul, d'où de petites différences d'un broker à l'autre.
6. Le coût de détention : intégré dans le prix ou facturé chaque nuit
C'est la grande différence économique entre les deux produits :
7. Le roulement des échéances
L'écart entre un CFD cash et un future sur le même indice n'est pas une anomalie : il reflète le coût de financement et les dividendes jusqu'à l'échéance du future. Le CFD cash cherche à reproduire l'indice officiel, en s'appuyant en pratique sur le future, et fait payer le financement chaque nuit. Le future intègre ce coût directement dans son prix. Comprendre cette mécanique évite bien des erreurs, notamment sur les niveaux techniques, les backtests et le coût réel des positions conservées.
Et vous ?
Tradez-vous plutôt les indices en CFD ou en futures ? Avez-vous déjà été surpris par un écart de prix entre les deux, ou par le coût de financement d'un CFD conservé plusieurs semaines ?
1. Trois prix différents pour un même indice
Il faut d'abord distinguer trois choses :
- L'indice "cash" : c'est l'indice officiel, calculé en temps réel à partir des cours des actions qui le composent, uniquement pendant les heures d'ouverture de la bourse (par exemple 9h00 à 17h30 pour le DAX et le CAC 40). Il ne se traite pas directement : c'est un simple calcul.
- Le future : un contrat négocié sur un marché organisé (Eurex, Euronext, CME...), avec une date d'échéance, qui cote quasiment 24h/24.
- Le CFD : un contrat de gré à gré proposé par un broker, qui réplique soit l'indice cash, soit le future, selon le type de CFD.
Acheter un future plutôt que l'ensemble des actions de l'indice présente deux différences économiques :
- On n'immobilise pas le capital : celui qui achète le future au lieu des actions peut placer son argent au taux sans risque jusqu'à l'échéance. Ce gain de financement est intégré dans le prix du future, qui est donc plus élevé que l'indice cash.
- On ne touche pas les dividendes : celui qui détient le future ne perçoit pas les dividendes versés par les actions avant l'échéance. Ce manque à gagner est déduit du prix du future.
Future = Indice cash × (1 + taux × durée jusqu'à l'échéance) − dividendes attendus avant l'échéance
L'écart entre le future et l'indice cash s'appelle la base. Il diminue au fil du temps, et le future converge vers l'indice cash à l'échéance.
3. Trois exemples pour bien comprendre (chiffres illustratifs)
- CAC 40 à 8 000 points, échéance dans 90 jours, taux de 2 %, 60 points de dividendes attendus : le coût de financement représente environ 39 points (8 000 × 2 % × 90/365). Le future vaut donc environ 8 000 + 39 − 60 = 7 979 points, soit en dessous de l'indice cash. C'est fréquent sur le CAC 40 et l'Euro Stoxx 50 au printemps, pendant la saison des dividendes.
- DAX à 24 000 points, même échéance et même taux : particularité importante, le DAX est un indice de performance, qui réinvestit déjà les dividendes dans son calcul. Il n'y a donc quasiment pas de dividendes à déduire, et le future cote au-dessus de l'indice cash d'environ 118 points (24 000 × 2 % × 90/365). C'est pourquoi le FDAX est presque toujours au-dessus du DAX cash.
- Nasdaq 100 à 31 000 points, taux de 4 %, rendement du dividende de 0,7 % : financement d'environ 306 points, dividendes d'environ 54 points, soit un future autour de 31 252 points, environ 250 points au-dessus du cash. Le Nasdaq distribuant peu de dividendes, sa base est presque entièrement liée au niveau des taux américains.
4. Les deux grands types de CFD sur indices
- Le CFD "cash" (ou "spot") : le plus courant. Il n'a pas d'échéance et vise à répliquer le prix de l'indice cash. C'est généralement le CFD par défaut chez les brokers (GER40, FRA40, US500, NAS100...).
- Le CFD "future" (ou CFD à terme) : il a une date d'échéance et reproduit le prix du future correspondant. Il est surtout proposé pour les positions conservées plusieurs semaines.
C'est la question clé. L'indice officiel n'est calculé que pendant les heures de bourse. Pourtant, votre CFD sur le DAX cote la nuit et après 17h30. Comment ?
La réponse : le broker se base en réalité sur le future, qui cote presque 24h/24, et retire la base théorique pour obtenir un prix "équivalent cash". Concrètement, le prix du CFD cash est souvent calculé ainsi : prix du future − base théorique. C'est pourquoi le CFD continue de bouger la nuit au rythme du future, et pourquoi son cours peut légèrement différer de l'indice officiel, même pendant les heures de bourse. Chaque broker a sa propre méthode de calcul, d'où de petites différences d'un broker à l'autre.
6. Le coût de détention : intégré dans le prix ou facturé chaque nuit
C'est la grande différence économique entre les deux produits :
- Avec un future : le coût de financement est déjà intégré dans le prix, via la base. Aucun frais de financement quotidien n'est prélevé.
- Avec un CFD cash : le broker prélève (ou verse) des frais de financement à chaque nuit de détention, calculés à partir d'un taux de référence plus une marge du broker. Une position acheteuse paie généralement ces frais. Une position vendeuse peut en recevoir une partie, mais la marge du broker rend souvent le solde nul ou négatif.
- Les dividendes sur CFD cash : pour les indices de prix comme le CAC 40, l'Euro Stoxx 50 ou le S&P 500, le broker applique un ajustement à chaque détachement de dividende (crédit pour les positions acheteuses, débit pour les vendeuses), pour compenser la baisse mécanique de l'indice. Ce n'est en principe pas nécessaire sur le DAX, qui intègre déjà les dividendes.
7. Le roulement des échéances
- Future : à l'approche de l'échéance (trimestrielle pour les grands indices), il faut "rouler" sa position, c'est-à-dire fermer le contrat proche et ouvrir le suivant, ce qui génère des frais. Sur les graphiques en continu, ce passage crée un saut de prix correspondant à l'écart entre les deux échéances.
- CFD cash : pas d'échéance, donc pas de roulement visible pour l'utilisateur. Mais comme le broker s'appuie sur le future, il gère lui-même ce changement d'échéance en interne en ajustant son calcul.
- CFD à terme : il expire comme le future. Selon les brokers, la position est clôturée ou roulée automatiquement, avec un ajustement de prix.
- Le marché : le future est négocié sur un marché organisé, avec une chambre de compensation. Le CFD est un contrat entre vous et votre broker, qui est votre contrepartie.
- La taille des contrats : un future a une taille fixe (par exemple 25 € par point sur le FDAX, 5 € sur le Mini-DAX, 1 € sur le Micro-DAX). Le CFD permet des tailles beaucoup plus fines, ce qui facilite la gestion du risque sur les petits comptes.
- Le levier : pour les particuliers en Europe, le levier sur CFD est plafonné par la réglementation (20 pour 1 sur les grands indices). Sur les futures, le dépôt de garantie est fixé par la bourse et le broker, et le levier effectif peut être bien supérieur.
- Le spread et les frais : sur un future, on paie une commission et l'écart achat-vente du marché. Sur un CFD, le coût est souvent intégré dans un spread fixé par le broker, parfois complété d'une commission.
- Analyse technique : un niveau tracé sur le graphique du future ne correspond pas au même chiffre sur le graphique du CFD cash. Il faut soit travailler sur un seul support, soit ajuster les niveaux de la base.
- Backtests : une stratégie testée sur des données de futures puis appliquée à un CFD cash (ou l'inverse) doit tenir compte de la base, des frais de financement et des sauts liés aux échéances sur les données continues.
- Gaps d'ouverture : sur un CFD qui cote la nuit, le "gap" de 9h00 ou de 15h30 n'apparaît pas sur le graphique. Il faut le mesurer par rapport à la clôture officielle de l'indice cash la veille.
- Choix du produit selon l'horizon : CFD cash pour l'intraday et les petites tailles, future ou CFD à terme pour les positions de plusieurs semaines. Dans tous les cas, mieux vaut comparer le coût total de détention selon son propre broker.
L'écart entre un CFD cash et un future sur le même indice n'est pas une anomalie : il reflète le coût de financement et les dividendes jusqu'à l'échéance du future. Le CFD cash cherche à reproduire l'indice officiel, en s'appuyant en pratique sur le future, et fait payer le financement chaque nuit. Le future intègre ce coût directement dans son prix. Comprendre cette mécanique évite bien des erreurs, notamment sur les niveaux techniques, les backtests et le coût réel des positions conservées.
Et vous ?
Tradez-vous plutôt les indices en CFD ou en futures ? Avez-vous déjà été surpris par un écart de prix entre les deux, ou par le coût de financement d'un CFD conservé plusieurs semaines ?